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29 juin 2009

MJ forever

Safia déboule dans le bureau.

"- tu sais ce qu'il s'est passé.. c'est dingue.. ils parlent que de ça, partout.. sauf dans les p'tits journaux, là..j'sais pas pourquoi ils en ont pas parlé dans 20 minutes ou dans Metro? t'es pas choquée, toi?

- ben.. non..

- ça te fait rien qu'Il soit mort? et si jeune?

- .. pas vraiment

- faut dire, il a commencé tôt, puis avec son père, il avait pas la vie facile.. il le frappait et tout. Oui.. mais ça te fait quand même quelque chose, à l'intérieur, quand t'y penses?....... moi, j'suis..pff..j'sais pas quoi dire............ Hé! moi j'ai une copine, elle est en plein deuil, je devais la voir ce midi et elle est même pas venue.. elle doit être maal.. elle l'écoutait tout le temps.. même elle m'avait donné des morceaux de lui.. sur mon MP3.. écoute Maïa.. t'écoutes?

- oui oui, vas-y"

Nana, qui écoutait la conversation quasi-monologuesque je le concède, vient s'y joindre:

"- faut pas toucher au roi de la pop!.. Y'a pas intérêt de dire du mal.. Moi, à mon ancien foyer, on avait appris à danser comme lui et j'avais vu son clip avec plein de morts, là, et plein de sang.. tu vois quoi? J'adore.

- C'est à cause de son père qu'il s'est fait refaire un peu le nez parce qu'il lui disait qu'il ressemblait à un monstre, c'est dégueulasse, hein?

- Et les médecins, ils ont peut-être donné une dose de trop qu'ils disent à la télé. Du.. du Démoral, j'crois.. ..Ca l'a peut-être fait mourir?..

- Façon, ils vont faire l'autopsie, on va l'savoir..

Et toutes deux me relatent l'actu interplanétaire qui défraie la chronique des dernières 24 heures, avec plus ou moins de précision et plus ou moins d'interprétation: sur sa famille nombreuse, sur son père qui l'obligeait à écrire des chansons à 4 ans (!!!), sur ses concerts londoniens qui seront remplacés par des vidéos et des sosies, sur ses dettes, etc.

"- En plus, y'en a qui ont profité de son argent, c'est dégueulasse, il a plein de dettes, et c'est même pas de sa faute, tout ça parce qu'il a été trop gentil

- Putain, faut pas dire du mal du roi de la pop, ça va aller mal. (Loïc Lantoine, si tu m'entends..)

- ouais, mais y'en a qui l'aimaient pas, t'y peux rien.

- M'en fous, on crache pas sur un mort, et encore moins sur lui! J'aime pas ceux qui l'aiment pas, et puis il ne doit plus beaucoup de sous.. 350 000, je crois.. ouais, 350 000 ,c 'est ça."

Et Nana se met à me dévisager avec insistance en tentant un regard théâtralement très méchant qui la caractérise si bien.

Le sourire que j'esquisse l'énerve visiblement.

" - Quoi? (agressivement) J'le défends moi! Et je le défendrai toujours!"

Et en se levant et se penchant vers le bureau, elle crie:

"- Et il a jamais rien fait aux enfants, tout ça c'est pour lui faire du mal, c'est des jaloux, c'est inventé, c'est n'importe quoi, c'est une star! Putain."

Je la regarde, je ne réponds rien. Elle se rassoit.

Puis, calmement, elle me lit le SMS qu'elle a reçu et qui ressemble à peu de choses près à ceci: "Si tu as un peu de respect pour le roi de la pop, que tu reconnais son immense talent et que tu aimes son môôn-waal-kèr (sic), passe ce message à tous tes amis."

"- Et qu'est-ce que tu vas faire de ce SMS?" demandé-je naïvement.

"- Ben je vais le renvoyer à tous mes numéros, je peux bien faire ça pour lui!"

Safia et Nana ont 19 ans toutes les deux. Je n'ai pas bien réfléchi précisément à ce que ça réactive chez chacune d'elle, parce que parfois j'essaie de ne pas toujours tout interpréter, pour juste vivre le moment, sans rien de plus, sans surchauffe de l'esprit et sans leur bloquer la parole par mes pensées bien loin de leur réalité . Ce qui est certain, c'est que le père violent, la mère aux côtés, les histoires d'abus sexuels, l'argent, ça ne les laisse pas indifférentes. Et pour une fois qu'un point d'actualité les touche..

21 juin 2009

Départ N°14 Britany

Salut!

Je voulais me servir de cette rubrique tombée un peu en désuétude pour archiver le passage dans le service de Britany, et son départ la semaine dernière dans des conditions plutôt bonnes. Britany nous avait rejoint pour "acquérir plus d'autonomie" qu'elle n'en avait alors sur l'unité de vie collective où elle vivait déjà depuis quelques temps.

Il s'agissait surtout de lui permettre de grandir un peu, loin des dynamiques de groupes pré-adolescentes.

Britany a poursuivi sa scolarité avec sérieux et réussite (? on attend les résultats!). Elle a pris confiance en elle, physiquement j'entends ; elle soigne d'avantage son apparence. Sa relation aux éducs est devenue moins affective, moins exclusive ; ses relations avec les autres jeunes sont moins agressives, plus tempérées, plus patientes. En ce sens Britany est devenue plus "adulte". Elle a aussi renoué des liens totalement rompus avec ses parents, après avoir su en partie accepter leurs difficultés et ce qu'ils lui ont fait vivre enfant..

Britany a intégré cette semaine le service d'accompagnement des jeunes majeurs situés en centre ville, ce qui représente encore plus d'autonomie et une nouvelle marche à grimper pour devenir un adulte autonome.

Bon courage

31 mai 2009

Départs N°12 et 13. Marco et Cécilia. Le Guet-apens


Salut'

Dimanche soir dernier, ma collègue a été interpelée par une éducatrice d'un autre groupe, à la recherche d'une jeune fille de 17 ans, Leila, arrivée nouvellement en urgence sur son propre groupe, et disparue depuis une petite heure.

Or les studios des jeunes que j'accompagne en semi-autonomie sont le lieu rêvé pour trouver refuge..

Ma collègue fait le tour des studios (notons que nous avons un passe) et se trouve finalement dans l'impossibilité d'ouvrir celui de Marco, jeune garçon de 18 ans, ce dernier ayant apparemment (encore) changé le barillet de sa serrure.

Certaine que Marco est chez lui, ma collègue tambourine à la porte, et il finit par ouvrir au bout de plusieurs minutes. Leila est là (leila ouhouhouhouh ouhouhouh) ma collègue est très en colère et la fait sortir manu militari.

Hum..je dois préciser que les jeunes en studio n'ont pas le droit d'accueillir des jeunes des autres groupes, encore moins du sexe opposé..

Dans la nuit, une autre jeune de mon service, Cécilia (18 ans), affirme à une surveillante de nuit posséder une vidéo de Marco et Leila "ensemble", ce dont la surveillante de nuit nous informe via un rapport informatisé dont je prends connaissance le lendemain matin.

Le soir même, alors que je passe devant la structure en rentrant chez moi, je vois un gros attroupement d'une vingtaine de personnes très énervées : Marco, Cécilia, Leila et sa mère sont là, quelques éducs et un tas de jeunes. Je m'arrête et je file un coup de main à mes collègues pour dissiper un peu le groupe, "rentrer les jeunes", et je constate que Cécilia est à la fois très en colère et meneuse de toute cette petite troupe qui s'acharne crescendo contre "la nouvelle" depuis une semaine, Leila.

Comme j'essaie d'isoler Leila en la prenant à part et en tentant de discuter avec elle, je m'aperçois qu'elle refuse toute responsabilité dans l'évènement du soir, ce qu'elle me répète plusieurs fois en hurlant, autant à destination des autres jeunes que moi : "J'ai rien fait de mal moi! C'est pas moi qui me fait enc.. c'est pas moi qui me fait enc. par Marco etc.. " sic

Finalement tout le monde se disperse, je laisse le relai à mes collègues qui s'en sortent très bien et je rentre chez moi.

Le lendemain est notre jour de réunion d'équipe hebdomaire. J'en apprends bien plus sur la situation. J'apprends notamment (les sources sont floues) qu'un vidéo tourne sur les portables des jeunes ; le sujet de la vidéo : "Marco et Leila en pleine scène de sodomie dans le studio de Marco" Il semble que Cécilia soit la réalisatrice et à l'origine de la diffusion. Nous comprenons aussi qu'il s'agit d'une video réalisée sans le consentement de Leila, piégée par Marco et Cécilia, cachée dans sa salle de bain (en compagnie d'une autre jeune fille de 15 ans qu'elle a sous sa coupe..)

Dans la même matinée de réunion, Cécilia, en formation, nous appelle pour nous demander si nous pouvons lui apporter son portable ce midi sur son lieu de formation , elle l'a oublié chez elle..
Au delà même de cette situation et de cette demande pour le moins inhabituelle et curieuse, nous avons dès lors ce portable sous la main. Qu'en faire?

Décision d'équipe, chef de service présent, nous fouillons dans le portable, à la recherche de la vidéo. Après quelques tribulations dues à des écueils technologiques, nous trouvons la vidéo, dont les quelques secondes entre-aperçues non sans répugnance ne laissent pas de doute sur les protagonistes et les lieux.

Nous informons le directeur de la situation, de la vidéo en notre possession. Nous apprenons en même temps qu'une plainte a été déposée par la mère de Leila (contre qui? pour quoi?) L'affaire prend une tournure très compliquée.

La réponse de la direction ne se fait pas attendre. Marco et Cécilia sont exclus dans la foulée. La vidéo doit être effacée.

Fin?


14 mai 2009

Evolution, dérive, crise?

Il y a encore quelques années, les situations financières critiques étaient rares auprès des jeunes femmes que nous accueillions.




Je me souviens de K. qui avait une dette SNCF de 800 euros. Enooorme! Elle était partie "dans le Sud" (parce que l'herbe y est plus verte?) sur un coup de tête, sans billet de train. Puis elle est revenue, elle n'avait pas l'argent pour payer l'amende et sa dette avait été transférée au Trésor Public.





Ensuite, C., deuxième cas isolé, un ou deux ans plus tard. Elle avait demandé une carte de crédit et quand elle l'a eue, elle a acheté tant qu'elle a pu pendant deux jours. Yihou! fringues, coiffeur, chaussures et resto, la grande vie, quoi! Elle savait bien qu'elle n'avait pas l'argent sur son compte, mais ça continuait à fonctionner! Je ne me souviens plus du montant du découvert bancaire, quelques centaines d'euros, voire un petit millier?



Puis, ces situations sont devenues un peu plus fréquentes avec les dépassements de forfaits de téléphonie mobile, et la valse de courriers de pression et de menaces d'huissiers appréciée de ces chers opérateurs..

Et aujourd'hui, nous gérons toute une flopée de situations de ce genre. Les plus courantes sont les dettes de transport en commun. Chez les jeunes femmes, nous entendions beaucoup dire il y a quelques temps: "surtout ne paie pas, une fois que t'es fichée, ils te retrouvent et ils te prennent tout, faut jamais faire ça". Aujourd'hui, elles se sont rendu compte que payer tous les mois, 35 euros (c'est le minimum accepté pour un échéancier T.P.), même pendant 2-3 ans, ben.. ça fait mal!


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Mais ce qui m'inquiète, ce n'est pas tant la multiplication des dettes, c'est surtout leur banalisation.

Il y a encore cinq ans, autant dire hier, nous aidions les jeunes femmes à économiser la somme de leur unique amende Trspl de 22 euros sur une ou deux semaines afin de pouvoir régler au plus vite. Au pire, nous les laissions se rendre seules au service contentieux pour tenter de négocier une baisse. Elles devaient alors s'expliquer elles-mêmes. Nous estimions que si elles n'avaient pas acheté leur titre de transport alors que la somme suffisante leur était distribuée chaque semaine, elles étaient capables d'en assumer les conséquences.

Il y a quelques semaines, autant dire aujourd'hui, nous en sommes à rédiger au mieux une demande argumentée d'échéancier au Trésor Public pour que le paiement s'échelonne le plus possible, tout en demandant parallèlement à la société de transport de ne pas transférer trop vite la dette au service de recouvrement.

Non pas que nous nous sommes habitués, mais ces situations récurrentes plongent parfois les filles dans un tel marasme, que nous pensons qu'il est utile de les accompagner dans ces démarches, tout en poursuivant le discours "quand on pose des actes, on les assume ensuite".

Pour d'autres, ça leur passe vraiment au-dessus de la tête, mais alors très très loin au-dessus, et si nous ne les interpellons pas sur le sujet, elles repartiront avec leurs enveloppes de relances non ouvertes, estampillées Trésor Public - République Française; pour celles qui ne les jettent pas dès leur réception.. pour ne surtout pas voir.

14 avr. 2009

Centre maternel


Elle est enceinte de six mois, sans ressources, elle ne veut pas vivre avec son copain pour le moment.. et elle souhaite visiter quelques maisons maternelles qui accueillent de futures mères et des mères d'enfants de moins de trois ans .



Le temps passe.. quelques semaines.. et malgré les démarches actives, rien de concret ne se profile. Il faut dire que sa situation administrative ne la place pas en position prioritaire..

...............


Il y a quelques jours, nous avons rendez-vous dans un centre maternel, finalement!

Elle expose sa situation, ses motivations, et nous visitons!

Une place est libre, et elle lui est proposée sur-le-champ! mais il lui faut donner sa réponse le lendemain matin..

La pression monte pour elle, ses pensées l'obsèdent, ses questions se multiplient, elle se sent pressée et oppressée, et elle ne sait plus si ça l'intéresse.. elle en parle autour d'elle dans l'après-midi..

Le lendemain, sa décision est prise, elle refuse la place.

...............

Nous rediscutons longuement de sa décision, et nous formulons toutes les deux quelques hypothèses pour tenter de nous expliquer ce qu'il se passe:

Première hypothèse:

Elle vient de prendre conscience de ce qu'est un centre maternel et elle ne veut pas que son fils naisse dans un foyer, elle voudrait même lui éviter ça à tout prix. Elle a vécu elle-même plusieurs années en foyer, et elle va devenir Maman, adulte et responsable, donc la vie sous assistance éducative ne lui convient plus, et ce n'est pas bon pour son enfant à venir.

Deuxième hypothèse:

Sa copine, à qui elle explique son désarroi, dans l'urgence de la décision à prendre, lui propose de venir vivre chez elle, dans un appart à deux chambres, en centre ville. Elle a donc une solution d'hébergement, et même si ce n'est pas la meilleure à moyen ou à long terme, c'est néanmoins une solution ; et qui peut lui éviter le foyer dans l'immédiat. Elle pensait jusque là ne pas avoir de choix.

Troisième hypothèse:

Elle adopte lors de l'entretien une attitude assez fermée, que nous expliquons par le fait qu'elle est un peu impressionnée, que nous sommes très en retard (changement du lieu de RV non communiqué), que le ton est assez directif, et qu'elle n'aime pas trop les entretiens en général, elle le reconnaît..
De ce fait, il lui est demandé si elle a un caractère facile, elle répond que non. Il lui est demandé si elle accepte facilement les conseils et si elle les suit, elle répond qu'elle peut les écouter, mais qu'elle ne les suit que si elle les pense bons, et qu'en général, elle sait à peu près ce qu'elle a à faire. Il lui est alors demandé si elle pense pouvoir vivre en collectivité, et si elle sait que les autres mamans peuvent parfois faire des remarques (justifiées ou pas) sur la façon d'élever ses enfants, elle répond qu'elle saura se positionner. Il lui est demandé si elle a tendance à se battre (physiquement), elle répond que non, pas du tout.
Pour résumer, elle a vécu cet entretien comme un interrogatoire, beaucoup trop inquisiteur à son goût, et elle ne s'imagine absolument pas vivre en cotoyant au quotidien cette personne qui l'observe et lui rappelle ses points faibles (et ses erreurs passées). Voilà donc ce qui appuie son refus.

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Position de l'équipe:

Notre objectif éducatif est désormais qu'elle puisse partir dans les meilleures conditions possibles, sachant qu'elle vient de refuser une possibilité correspondant à ce qu'elle souhaitait et que rester en MECS jusqu'à 6 mois de grossesse, c'est déjà bien! Nous lui laissons donc un petit mois pour se trouver une solution satisfaisante, et bien entendu, nous l'accompagnerons dans son choix, dans la mesure des possibilités du service.

30 mars 2009

OFPRA, CIMADE, CNDA, AJ, OQTF?

Bonjour

Une situation d'urgence occupe pas mal de mon temps ces jours-ci.. Mais tout est à remettre dans l'ordre.. J'hésite entre la fiche technique, le récit d'un court séjour ou l'événement du jour, mais difficile de faire un choix, ce sera un peu de tout.



........LES FAITS........
Il y a trois semaines, nous accueillions une jeune femme qui venait d'être déboutée de sa demande de statut de réfugié par l'OFPRA.

Elle a un mois pour faire appel à compter de la date de notification du rejet, il reste trois semaines quand elle arrive dans le service!



........QUE FAIRE?........
La première étape fut de se mettre au fait de sa situation particulière, puis de se renseigner auprès de services compétents.

J'apprends assez rapidement que:
- la juridiction compétente est la CNDA, et c'est à Paris.
- l'intervention d'un avocat est vivement conseillée
- l'aide juridictionnelle est à constituer dès que l'avocat sera trouvé
- de moins en moins d'avocats acceptent de travailler avec l'aide juridictionnelle (c'est la crise pour tout le monde!)
- les avocats "du coin" ne se déplacent pas à Paris, ou facturent leurs déplacements (à titre indicatif, 2 000 euros!)

La deuxième étape fut de contacter un avocat du Barreau de Paris, renseigné par des confrères travailleurs sociaux. L'avocat (ou plutôt son standard, puisque le barrage n'a jamais été franchi) nous demande d'envoyer la notification de rejet de l'OFPRA pour que "Maître W puisse se prononcer"..et répondre, par courrier uniquement! Par téléphone, nous harcèlerons un peu l'étude pour avoir une réponse rapide (le délai se réduit!) pour finalement recevoir la lettre informant que Maître W ne se constituerait pas pour cette situation! C'est lors du dernier appel insistant que j'apprends que l'enregistrement d'une aide juridictionnelle suspend le délai de recours, et que nous pouvons lancer la démarche dès à présent! (Merci pour l'info!) La consigne première était d'attendre la réponse de l'avocat pour remplir le dossier d'AJ..! Il reste 10 jours!

La troisième étape est assez dense: j'appelle les assoc de défense de droit des étrangers, les services administratifs, les ex-collègues, les connaissances, toutes les personnes susceptibles de me donner un tuyau, même petit, pour avancer rapidement et sûrement! Et je m'arrête quand j'ai une solution!

J'apprends que:

- effectivement , il y a peu de chances d'aboutissement du recours sans avocat

- La date de réception de l'AJ par le bureau compétent suspend le délai du recours (de combien?) il est donc à constituer au plus vite.

- La CIMADE peut instruire le recours, l'envoyer et quand l'avocat sera nommé d'office (par l'intermédiaire de l'AJ), nous recevrons ses coordonnées et nous pourrons le contacter. En théorie, il reprendra le dossier et défendra le requérant auprès de la CNDA lors de l'audience, vous suivez?

Sur ma lancée, j'envoie donc en recommandé avec AR le dossier d'aide juridictionnelle, et je prends RV à la CIMADE pour cette jeune femme, au premier créneau disponible pour eux.


........HIER, A LA CIMADE........
- Il reste 3 jours. Où en est-on?
- Nous attendons la confirmation de réception de l'AJ, qui bloquera l'échéance. Oui, mais pendant le traitement de la demande d'AJ seulement, soit environ 15 jours, car le délai reprend le jour de l'accord d'AJ. En bref, quand l'accord AJ sera donné, il restera 48 heures pour constituer le recours et qu'il soit reçu par la CNDA, donc urgence pour la constitution du recours dans tous les cas.
- La jeune femme concernée va à nouveau devoir raconter ses traumatismes, tentant de donner davantage de détails dans le but d'apporter des éléments nouveaux au dossier..
- le recours sera rédigé par la Cimade, il comprendra deux parties: la première amène des détails et éléments nouveaux à la demande, la deuxième partie conteste la décision de l'OFPRA et contre-argumente le rejet.
- Sachant que le récit de vie initial est déjà très précis et qu'il n'y a pas de nouvelles pièces à ajouter, les chances d'aboutissement positif sont menues. Mais si le recours n'est pas envoyé, l'OQTF ne tardera pas..
- Nous tentons alors de faire le tour des autres possibilités: cette jeune femme ne rentre pas dans les critères pour la demande de naturalisation, car la prise en charge de l'ASE est arrivée après ses 16 ans.. pas la peine de tenter d'établir un passeport, puisqu'une demande d'asile est en cours.. pour le titre de séjour, il faudra attendre car elle a déjà un récépissé l'autorisant à rester sur le territoire français pendant la demande d'asile..

En bref, peu de chances d'obtenir l'asile, et pas d'autres démarches possibles pour le moment pour garantir quoi que ce soit..

- Nous laissons les documents importants du dossier, pour que la CIMADE puisse rédiger le recours, et nous revenons le lendemain matin!


........AUJOURD'HUI........

- Il reste 2 jours!

- Le recours n'est pas encore rédigé entièrement quand nous arrivons à la CIMADE, nous échangeons sur les détails et aussi sur les points cruciaux, et nous vérifions l'exactitude des données. La jeune femme répond aux questions restées en suspend la veille.

- Nous retournons au foyer pour faire des copies du dossier que nous allons envoyer dès qu'il sera prêt. Le tout est à envoyer en deux exemplaires. Nous ajoutons les pièces jointes, à paginer (une vingtaine)

- Nous partons à la Poste, pour envoyer le tout en RAR, afin qu'il parte aujourd'hui, et qu'il arrive au plus tard après-demain, dernier jour du délai!



........LEXIQUE........

OFPRA: Office Français Pour les Réfugiés et Apatrides.

CNDA: Cour Nationale du Droit d'Asile

AJ: Aide Juridictionnelle.

DRIJE: Dispositif Régional d'Information aux Jeunes Etrangers.

OQTF: Obligation de Quitter le Territoire Français.

CIMADE: comité créé en 1939 (initialement pour apporter un soutien aux personnes évacuées). Aujourd'hui, la Cimade est une asso de solidarité active pour les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile.



........FICHE RÉCAPITULATIVE........
Recours auprès de la CNDA suite à un rejet de l'OFPRA du statut de réfugié.

- l'appel est à constituer dans un délai d'un mois
- la demande d'aide juridictionnelle est à constituer au plus vite, même si parallèlement on peut chercher un avocat. Pendant l'instruction de la demande d'AJ, le délai pour le recours est suspendu.
- le recours est à construire avec un service compétent, car mieux vaut être rompu à l'exercice pour s'y aventurer (une signature manquante ou un oubli de pièce jointe suffit à voir sa demande rejetée)
- dans le cas où le recours serait rejeté également, se renseigner rapidement sur les autres possibilités administratives: passeport, naturalisation, titre de séjour..

21 mars 2009

descente aux enfers


Salut'




L' évènement de la semaine (publié avec une semaine de retard pour laisser s'exprimer Maïa (woh l'excuse^^)) concerne à nouveau le jeune Antoine. On va dire qu'il cherche à marquer son époque. Une chance pour vous, vous allez ainsi avoir la "suite", une fois n'est pas coutume..

Alors suspense... la réponse est OUI! deux fois OUI! Antoine est bien rentré à l'heure ce soir là, et même bien en avance! Il s'est levé seul le lendemain et est bien allé travailler! (ce qui a été vérifié par un appel de ma collègue, très professionnellement dubitative) Alors la réponse à la question "Pourquoi j'ai fait ça?" J'ai envie de répondre : "l'instinct éducatif, le talent, la compétence, cette intuition fine qu'il faut savoir être souple dans l' accompagnement, surtout si cela est une occasion pour le jeune de faire ses preuves, et de créer ainsi une relation de confiance avec l'adulte." mais ce serait mentir.. Je continue à croire qu' initialement il s'agissait simplement d'une faiblesse. Deux jeunes mettent un peu la pression à l' éduc, sans être toutefois dans l'irrespect qui conduit à l'opposition et au conflit. Et c'est pour cela que d'abord, je n'ai pas su appliquer purement et simplement le règlement.

Ensuite, je pense avoir été au même moment conscient de cette faiblesse, et je me suis raccroché aux branches pour y mettre un sens éducatif en répétant un schéma classique de la relation éducative : "je fais un effort en prenant sur moi en terme de responsabilité, je compte sur toi pour être réglo"

Nous étions, je le rappelle, un vendredi soir.. Antoine est allé travailler le samedi, et ce fut son dernier jour. La semaine suivant, n'allant pas en cours, il nous informe que son contrat d'apprentissage est rompu ; lui et son employeur "en ont parlé et ils sont tombés d'accord" sur ce point..




La semaine passe. Nous sommes désormais vendredi matin. Je travaille seul, toujours. En arrivant je lis le rapport de nuit. Ma collègue et un surveillant de nuit ont constaté la veille au soir en partant, vers 22h, qu'il régnait une odeur suspecte de cigarette magique dans le studio d'Antoine, ce qu'ils lui ont fait remarqué. J'apprends ensuite en lisant le cahier de bord qu'elle pense aussi qu'Antoine a bu devant la structure en début d'après midi. Et sur ce je commence ma matinée. Au programme "tour des studios" pour vérifier qui est présent.. Il est 9h, Antoine dort, dans sa chambre et dans le noir, normal..
Je m'absente ensuite de 9h30 à 10h45 pour conduire un autre jeune à un rendez vous médical.
A 11h30, je m'apprête à partir à la banque avec un autre jeune quand je croise Antoine dans la cours de l'établissement. Il me dit bonjour sans s'arrêter et me demande si notre infirmière est présente ce matin. Ce n'est pas le cas. Il poursuit son chemin toujours sans s'arrêter.
20 secondes plus tard, on m'appelle. C'est Sandrine, une autre jeune, qui m'interpelle à travers la cour et me demande de venir. Antoine est avec elle. Arg, je sens qu'il y a problème.
Je m'approche et nous rentrons dans le bureau. Sandrine demande à Antoine de me montrer ce qu'il s'est fait.
Celui-ci rechigne un moment puis me montre son poignet droit. Celui-ci porte plusieurs traces de coups de rasoirs superficiels. Antoine dit que "ce n'est rien" comparé à l'autre bras, qu'il rechigne à montrer toutefois. Il le montre finalement assez rapidement. C'est moche. Son bras gauche est tailladé sur toute sa surface du coude jusqu'au poignet, et recouvert de beaucoup de sang séché.

Certaines coupures sont des plaies relativement larges.

Je demande à Sandrine de nous laisser, et je commence à nettoyer ses coupures avec les produits adéquats. Il se laisse faire. Comme certaines coupures sont larges, il accepte d'aller les faire nettoyer aux Urgences.
J'informe mon chef de service de la situation et nous partons rapidement. Quelqu'un nettoiera ses plaies aux urgences puis Antoine sera admis en pédiatrie. Lors de l'entretien d'admission il dira ne pas avoir de regret si ce n'est celui de "ne pas avoir réussi à se tuer." Il "recommencera jusqu'à ce qu'il y arrive". Il est actuellement toujours hospitalisé en pédiatrie, en attente de rencontrer un pédo-psy.
A suivre..
Epilogue:

Alors que je retourne sur la structure pour lui ramener quelques affaires personnelles et pour m'occuper de ses draps "stp, il sont tachés de sang" la scène est assez glauque. Ses draps sont effectivement tachés de sang sur toute leur étendue. La housse de couette aussi. L'alèse et la taie d'oreiller également. En triant un peu de linge, je trouve dans son panier à linge une serviette de toilette et des torchons à vaisselles très largement imbibés de sang.. A côté de son lit, un portrait recouvrant presqu'entièrement une page format A4, peint avec son sang.

Une inscription.. Fuck The Life.

20 mars 2009

Un profil

Salut
Le jeune homme précédemment cité me fait penser à une jeune femme de 19 ans, hébergée depuis deux mois environ dans le service.

Durant le premier mois de séjour, elle nous parait lisse, elle montre des conduites sociales appropriées, tant avec nous qu'avec les autres hébergées et elle se charge de ses démarches administratives sans grande difficulté. Mais nous notons cependant rapidement qu'elle semble "se contenir".
Tout récemment, elle commence à se liguer avec une autre jeune femme accueillie et dont le comportement est souvent "à reprendre".

Quand je lui parle, hier soir, de notre vigilance accrue désormais quant à la conso de cannabis, suite à nos récents constats; elle me demande en quoi ça nous concerne si ça se passe dehors..

Je lui rappelle d'abord que cette consommation reste illégale en France. Et je lui explique ensuite que ça nous concerne car il me semble qu'elle ne fume pas seule. Ca nous concerne aussi parce qu'elle s'éloigne peu du foyer (10 minutes) et que nous nous soucions du voisinage. Et ça nous concerne parce que notre rôle est aussi de faire de la prévention santé. Et ça nous concerne parce qu'elle semble se cacher de moins en moins. Et ça nous concerne enfin parce qu'il semble qu'elle décroche un peu de sa formation, et que c'est peut-être lié, et que s'en soucier fait partie de notre accompagnement éducatif auprès d'elle.

J'ai tenté d'être peu moralisatrice, mais je devais bien quand même reposer le cadre légal. C'est seulement après que je me suis rendu compte que ma discussion ne semblait pas l'avoir génée du tout. Et je me suis demandé aussi si elle n'allait pas simplement sortir un peu plus longtemps.. pour aller fumer un peu plus loin.. Néanmoins, l'objectif était de lui signifier que nous avions bien perçu ce qu'il se passe.
Quelques jours auparavant, une collègue avait déjà abordé la question et S. s'était assurée qu'elle ne serait pas virée tant qu'elle ne consommerait pas intra-muros..


Progressivement, elle prend des libertés, elle cache des choses, elle parait indifférente à tout.. ce qui est rarement de bonne augure selon moi. Je me méfie de l'eau qui dort.

Cette jeune femme est arrivée il y a deux mois et j'estime que nous ne la connaissons absolument pas. Le climat de confiance ne s'instaure pas. Rien ne m'étonnerait de sa part. Je la sens capable de violence extrême. Je pense que le jour où elle s'énervera, elle cassera tout sur son passage, parce qu'elle n'aura rien à perdre.

19 mars 2009

Oubli

Bonsoir

Habituellement, le vendredi, c'est jour de repos pour moi..
Exceptionnellement, vendredi dernier, je travaillais, et pour le 7ème jour consécutif, dont deux contre-postes. Je m'étais libéré une journée en milieu de semaine, mais pour pouvoir intervenir dans mon centre de formation habituel.. donc pas de répit cette semaine. Ca, c'est pour ma décharge..

Et ce vendredi, j'ai oublié un rendez-vous important, sans même m'en rendre compte. Ca m'a beaucoup marquée.

A l'heure du rendez-vous au lycée avec la prof (+ 5 minutes), la jeune femme-élève concernée m'appelle et s'étonne de m'entendre au téléphone. Elle me demande ce que je fais. Je marmonne quelque chose.. en réalisant progressivement mon oubli.. "matinée chargée.. je suis désolée".
Elle me répond que dans ces cas-là, on téléphone pour prévenir!

Et quand elle ne rentre pas à l'heure au foyer, ce qui arrive parfois, c'est le discours éducatif que nous lui servons!

Alors..
Bien joué M!
Tu me rends la monnaie de ma pièce!
Ca doit faire du bien, parfois!

15 mars 2009

entorse au règlement

Salut'

Une nouvelle rubrique à la durée de vie illimitée (on peut toujours rêver!) : "l'évènement de la semaine"

Aujourd'hui je vais parler d'Antoine, 17 ans, majeur dans deux mois.

Présentation succincte et loin d'être professionnelle : Antoine a été accueilli il y a quelques mois dans notre service. Il est apprenti coiffeur, souvent très poli, parfois révolté, parfois sombre, souvent drôle, souvent bavard et tout aussi souvent renfermé.

Je rentrais cette semaine d'une période de congés.

Après un relais rapide avec l'un de mes collègues, je prends connaissance des évènements de la semaine passée via notre classique mais néanmoins légendaire outil de communication : le cahier de bord (Combien de marins, combien de capitaines etc).
J'apprends à la lecture de ce dernier que la situation du petit Antoine, coiffeur rockeur, a été pleine de petites aventures anodines et remarquable. Des cours manqués, des frictions avec son patron, des "responsabilités" du quotidien non assumées (entretien studio / levers difficiles / déplacements professionnels assurés par l'équipe éducative), des agissements louches (retour d'un week end famille sans prévenir un samedi soir à 23h30, accueil d'une jeune fille de 14 ans dans son studio dans le dos de tous les éducs).
Bref un profil très en demi-teinte qui vient contraster avec le personnage un peu lisse que nous connaissions jusqu'alors) et qui me prévient qu'il faut tenir ce jeune homme à l'oeil..

Nous nous croisons le soir de mon retour. C'est le jour où nous proposons aux jeunes de les conduire en course. J'attends qu'Antoine rentre de sa journée de travail pour qu'il nous accompagne aux supermarché. Durant le trajet je surprends plusieurs "messes basses" entre lui et un autre jeune qui a fréquenté l'après midi même des jeunes extérieurs à la structure que je soupçonne de dealer. Au retour, alors que tout le monde s'arrête chercher des clopes je lis sur ses lèvres qu'il demande à un jeune de lui ramener des "longues" (feuilles). Une fois arrivé, alors qu'il est seul, je lui fais avec humour passer le message que je le tiens à l'oeil par rapport à une éventuelle conso de shit. Fin de l'épisode du jour.

Deux jours plus tard je reviens et j'apprends que le lendemain de cet épisode il s'est présenté à son travail "défoncé". Mes collègues ont repris le soir même avec lui. Son contrat est en bord de rupture, il se fout un peu de cette situation qui dérape.

Antoine rentre le soir,on est vendredi, il est toujours aussi poli et courtois. Nous discutons un peu. En fin de soirée il me demande une veillée avec un autre jeune, en lequel je n'ai pas forcément confiance mais qui n'a rien fait qui justifie que je le prive de veillée (qui n'est en fait pas une veillée mais une sortie..)
Antoine travaille le lendemain. La règle est claire : il n'y a ni veillée ni sortie la veille d'un jour scolaire ou travaillé.

Et là, surprise, je ne sais pas pourquoi, j'accorde la sortie. Je mets une limite horaire (minuit au lieu d'une heure..). Je le mets en garde ++ pour qu'il se lève seul et se rende seul à l'heure le lendemain à son travail.
ET je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça..

14 févr. 2009

L'espoir..

Salut!
Même si la défense de la 66 est au coeur de nos occupations et préoccupations,
n'en oublions pas moins l'essentiel..


Ce fut très progressif:

ça a commencé par un non-bonjour, une porte qu'elle a fait claquer un peu fort, des "bouderies" prolongées..

Puis ça s'est poursuivi, avec des remarques émanant des autres hébergées se plaignant, des transgressions fréquentes au règlement,

et nous vivons désormais ses accès de colère irraisonnés nourris de jurons variés.. (tiens, c'est plutôt joli des "jurons variés" pour parler des "fais chier, bordel, c'est un gros bâtard, j't'emmerde, putain, mal baisé, ta gueule, j'vais l'crever, putain, vous me faites tous chier, putain, je vais tous vous niquer")


Finalement, de bagarres à la gare en mises à pied au lycée, elle nous épuise, nous vide de notre énergie en quelques instants, nous fait passer d'un moment tranquille à un état d'énervement extrême en quelques secondes..

..........................

Et pourtant, nous pensons que tout cela vaut la peine (et c'est un peu notre travail aussi!). Les débordements sont quasi quotidiens et les provocations presque constantes, mais finalement c'est assez canalisé quand même (elle n'a encore frappé personne!). Et puis c'est temporaire.. ça lui passera..

Et où irait-elle si nous mettions fin à son hébergement? Elle est majeure. Et nous pensons qu'elle a besoin de se poser un long moment.

D'espoirs en découragements, (ouh!! pardon..) De découragements en espoirs, nous restons persuadés qu'elle peut y arriver (à quoi, ça..??).

Aux derniers échanges d'équipe, nous penchions pour un "léger" changement de discours, nous évoquions la possibilité de lui dire: "ne t'inquiète pas, nous avons du temps pour avancer avec toi", plutôt que de rester sur "attention, avec ce que tu mets en place, tu risques de te retrouver dehors très bientôt". Changement de cap.. tentons..

17 janv. 2009

Hécatombe


Salut'

Je suis désespéré. Au sens propre. Je n'ai plus d'espoir. Depuis 15 jours c'est l'hécatombe dans mon service. Les jeunes cessent tous leur formation professionnelle les uns derrière les autres. Je ne parle pas du petit coup de mou de milieu d'année qui touche le jeune dont la problématique tourne autour de la répétition de conduites d'échecs. Non, je parle d'une ambiance dépressive, sombre et désespérée qui s'installe petit à petit sur l'ensemble des jeunes, des plus (jusque là) déterminés à s'en sortir aux autres, ceux qui avancent déjà habituellement en reculant..

12 jeunes, quels projets?

Hum.. non je ne vais pas m'amuser ici à résumer de manière caricaturale et pessimiste des projets qui n'ont de toute façon jamais été définis.
Voilà, en fait ce post est un cri . Je suis super déçu de voir tous ces jeunes décrocher les uns derrière les autres. Je suis aussi en colère après eux de les voir se refermer sur eux-mêmes, dans leur studio, sans avoir envie de rien. Ils vivent sans vie et sans rien faire pour en avoir une. Le moteur a lâché. Reste la dérive qui conduit droit dans le mur.

Et puis comme on peut le constater, je ne me sens en l'état pas capable de leur communiquer une énergie suffisante pour redémarrer. Ils sont trop nombreux, et développent une force d'inertie qui me dépasse. Je compte beaucoup sur leurs propres ressources pour en voir certains rebondir d'eux-mêmes et entrainer une nouvelle dynamique de groupe plus positive.

Je suis malheureusement convaincu que le semblant d'équipe éducative que nous sommes est loin d'être suffisamment solide, énergique, optimiste et professionnel pour être à l'origine de ce fameux "rebond" tant attendu. Je suis même assez proche de penser qu'une bonne partie de la responsabilité de cette situation nous incombe.. tant l'investissement professionnel de l'équipe peut sembler, aux yeux des jeunes, de manière globale, inexistant, et constituer ainsi la voie à suivre..


26 déc. 2008

Refonte de la CCNT 66

Bonjour!

Ci-dessous, l'actualité de Sud Santé Sociaux sur la question de la refonte de la CCNT 66, qui ne concerne pas que la suppression des CT ! Saurons-nous nous montrer mobilisés et concernés?? Espérons-le.

Le patronat du social a tuer la CC 66

LILLE, le 23 décembre 2008
La réponse des salariés et travailleurs en formation du social : GREVE GENERALE LE LUNDI 12 JANVIER 2009 !
La fédération nationale SUD santé sociaux appelle tous les salariés syndiqués et non syndiqués à une grève nationale à l’occasion de la réunion de la commission paritaire1966.
Dans une lettre ouverte responsables de la CFE-CGC, CFDT, CFTC, CGT, CGT-FO et négociateurs de la CC 66, SUD invite toutes les fédérations syndicales à se joindre à l’action et demande à participer à l’intersyndicale nationale qui est prévue le 12 janvier au matin où SUD n’est pour le moment pas invité.
Il s’agit de bloquer le projet scélérat d’attaque sur les congés, les salaires, les qualifications dit de « refonte de la cc 66 » qui vise à :
◊ détruire les congés trimestriels, les congés d’ancienneté, la majoration d’ancienneté
◊ réduire l’ancienneté à 1 % d’augmentation par an pendant 15 ans alors qu’elle est aujourd’hui de 39% pour les administratifs, de 60 % pour les techniciens qualifiés et de 75% pour les travailleurs sociaux.
◊ d’introduire le salaire au mérite au travers de critères individuels dits « classants » et en supprimant l’indemnité de sujétion de 8,21%
◊ d’introduire 3 jours de carence pour pénaliser la maladie, supprimer la reprise d’ancienneté en cas de changement d’association, pénaliser le temps partiel sur les pénalités départ en retraite..
◊ réduire les indemnités conventionnelles de licenciement à un moment où se multiplient les licenciements pour raisons économique dans la CC 66.
NOUS REJETONS CE PROJET EN BLOC !
IL N’Y A RIEN DE BON DANS LES 113 PAGES DE REGRESSIONS QUE LE PATRONAT VEUT IMPOSER A MARCHE FORCEE AU TRAVERS DE 11 REUNIONS DE NEGOCIATIONS DU 12 JANVIER A FIN MARS 2009.
SUD appelle à la construction de collectifs syndiqués et non syndiqués dans chaque établissement du secteur social
SUD souhaite partout un large front unitaire des organisations syndicales qui refusent la régression sociale !
Il y a urgence à mettre en échec le projet patronal !
Syndiqués / non syndiqués mobilisons nous pour que 2009 ne soit pas l’année de la casse de la CC 66



Rassemblement le lundi 12 janvier 2009 à 14H30
au siège de l’ASRL, 34 rue Patou à LILLE
pour se rendre ensuite
au siège de l’ ADNSEA, Centre Vauban, rue Colbert à LILLE !


A DIFFUSER LARGEMENT, SVP
http://www.sudsantesociaux5962.org/



D'autres infos sur PAS TOUCHE A MA CONVENTION

25 déc. 2008

Humeur du jour

Bonjour


Même si nous proposons un accompagnement éducatif très individualisé, dans ce service de semi-autonomie, avec peu de temps et d'espace collectifs, il n'en reste pas moins que nous proposons une présence éducative constante, toute l'année, week-ends et jours fériés compris, auprès de jeunes femmes très isolées affectivement.


42 heures de travail sur 5 jours, dont 4 jours de congés scolaires, et un jour férié travaillé (=11h30), soit 53h30 sur 7 jours..
Il arrive que ça puisse être lourd. Et il suffit parfois d'une ou deux situations plus délicates pour friser l'overdose professionnelle. Et je ne parle pas ici de toutes les autres configurations de temps de travail de l'éducateur spécialisé: maisons d'enfants qui fonctionnent en sur-régime dès que les congés scolaires pointent, manque d'effectif salarial, manque de moyens en tous genres..


Heureusement, nous avons les congés trimestriels! (CCNT 66), petite consolation, mais néanmoins nécessaire pour pouvoir souffler un peu, pour ne pas se mettre en arrêt pour un rien, pour rarement crouler, pour conserver un équilibre professionnel, pour supporter le non-rythme horaire, bref pour pouvoir faire son travail à peu près correctement..


A l'origine, ces congés sont mis en place, me semble-t-il, pour compenser (dans les internats en particulier) les périodes de sur-activité dues à la présence des enfants et jeunes gens pendant les vacances scolaires.


Quoi? On veut nous les supprimer??

Notre travail n'est pourtant pas devenu plus facile au cours du temps, et il ne semble pas nous plus que nous fassions partie d'une classe salariale nantie..?

22 déc. 2008

Joyeux Noël ?


Période délicate, s'il en est, en internat.

Quelle que soit notre confession, Noël est plutôt associé à une fête familiale.

Quel plaisir peut-on éprouver à passer Noël avec le foyer, avec des filles du foyer, avec des éducateurs, si c'est parce qu'on n'a aucune autre solution pour passer ce jour?

Tous les ans, nous tentons d'organiser le réveillon de façon à ce qu'il se passe quelque chose, parce que c'est un jour particulier quand même; mais tout en tentant de ne pas recréer une ambiance trop familiale. L'expérience a montré que ce n'était pas toujours profitable, et que ça ne se passait pas toujours bien.


Nous proposons d'aller au ciné, au resto.. une sortie de préférence, en fonction des souhaits des personnes concernées, mais beaucoup d'établissements sont fermés ce soir-là, et quand c'est ouvert, c'est parfois assez vide. Certaines JF ne formulent aucune envie, elles disent qu'elles rêveraient d'avoir un noël en famille, et c'est tout, donc que toute sortie sera nulle. D'autres sont ravies que le foyer paie le resto!



Globalement, les jeunes femmes apprécient, elles se sont peut-être fait progressivement à l'idée, en voyant les autres retourner quelques jours en famille, ou chez l'amoureux, ou chez une copine? .. ou elles réussissent à cacher leur souffrance, une fois de plus? .. et elles en profitent comme elles peuvent? .. ou elles sont simplement contentes qu'une sortie soit organisée pour elles? .. ou elles n'accordent pas d'importance à ce jour plus qu'à un autre? .. ou elles se posent moins de questions que moi?

12 déc. 2008

Venez rencontrer Maïa en vrai !

Salut'

Une fois n'est pas coutume, une minute de PUB pour Maïa! Auparavant je vous rappelle que vous pouvez suivre les expériences créatives de Maïa sur son Blog personnel, en cliquant ici : (ou dans la colonne de droite sous le même nom:







Bonsoir à tous, chers amis, collègues, cousins, parents, voisins,

connaissances..



Si vous n'avez

encore rien prévu le week-end des 13 et 14 décembre 2008, je vous propose de venir au

BIG BAZAR CREATIF à Lille,

salle Courmont.



Si vous venez au vernissage le vendredi 12, à 19 heures, vous assisterez au concert de cuivres et bois.

L'entrée

est libre tout le week-end, vous découvrirez une trentaine de créateurs en tous genres:


bijoux, miroirs, peintures, et mes quelques encres.


Vous avez certainement quelques cadeaux à offrir pour Noël..

et puis surtout, ça me fera plaisir de vous voir..



Je vous embrasse.


A très bientôt.


Flo.



N'hésitez pas à diffuser, merci.

8 déc. 2008

SUD Santé-Sociaux


Salut'

3 semaines sans donner de nouvelles, alors même que ce Blog semblait retrouver une nouvelle jeunesse avec des Posts qui se succédaient à une vitesse incroyable!! Hum..j'en fais peut-être un peu trop, là.
.

Pourquoi tant d'absence crierez-vous Ô
fidèles lecteurs innombrables et passionnés?? J'ai une excuse! Ahah! Je viens de passer les trois dernières semaines à mettre la machine syndicale en marche: je suis en effet délégué syndical de sud santé-sociaux depuis peu et je croule sous le travail et les sollicitations!

Si je considère que ce nouvel engagement est intimement lié à mon engagement d'éduc, je ne compte toutefois pas entrer sur ce blog dans les détails stratégiques et croustillants de cette n
ouvelle aventure professionnelle. J'essaierai toutefois de continuer à alimenter "L'Autre Monde des Educateurs Spécialisés", mais principalement en fonction de mes propres besoins d'expression!

A bientôt


Ababakar

17 nov. 2008

Correspondance


Tu dis: "Qui a le pouvoir de faire respecter la trame au cours de la réunion?"
C'est bien là qu'est la question, non?


Ce que je voulais dire aussi dans le post précédent et que je n'ai pas développé, c'est qu'il me semble extrêmement difficile d'obtenir un résultat de fond satisfaisant si la forme n'est pas correctement réfléchie.


Avez-vous fait une réunion sur le sens de cette réunion, sur les attentes de chacun, sur ce qu'il faudrait y trouver dans l'idéal? Beaucoup y verront de la masturbation intellectuelle.. mais je ne vois pas bien comment aboutir sans cela.

Effectivement, on peut continuer longtemps à brasser du vent, parce que même avec des professionnels tous et tout compétents, la rigueur méthodologique est indispensable et elle évite une perte d'énergie considérable ben oui, ça, c'est mon créneau!. Ça devient tellement simple quand le sens est élaboré ensemble et donc davantage partagé et donc plus facilement appliquable..


C'est un peu comme l'utilisation du traitement de texte: certains préfèrent encore écrire à la main, ils ne veulent pas s'y mettre parce que c'est très long de taper lettre par lettre sur un clavier, avec un seul doigt, et pendant des années ils passent leur temps à écrire et à recopier, et un jour ils comprennent et réalisent le temps perdu et ils ne peuvent plus revenir en arrière. C'est un peu simpliste comme exemple, j'aurais pu trouver mieux.. mais c'est celui qui m'est venu.


J'ai toujours été et je suis toujours d'accord pour fournir des efforts ponctuels (même de masturbation cérébrale) pour m'en éviter d'autres bien plus répétitifs et bien moins drôles encore ensuite.
Mais je ne me rends certainement pas bien compte des nuances contextuelles, parce que je n'y suis pas . C'est facile de dire yaka, à distance, j'en suis consciente, et en plus, ce n'est pas toi qui es à convaincre ici.


Tout cela pour expliquer pourquoi j'insistais pour savoir qui anime cette réunion. Attention, ceci est une phrase de transition entre la partie sur le fond et celle sur la forme!


Dans mon service, qui est pourtant bien loin d'être exemplaire en termes de "places" des uns et des autres, l'organisation de cette réunion mensuelle est presque satisfaisante aujourd'hui, mais c'est une lutte de plusieurs années et au prix de beaucoup d'efforts.

Alors voila comme ça se passe:
- le psy a été désigné comme animateur de cette réunion: établissement de l'ordre du jour, gestion du temps, dynamique de réunion..
- il prépare cette réunion avec un éducateur (à tour de rôle) pour proposer une trame de réflexion aux collègues quelques jours avant la réunion pour que chacun puisse y réfléchir un peu.
- à chaque début de réunion, on désigne le preneur de notes (à tour de rôle aussi) (enfin, presque..) .
- le compte-rendu est tapé puis rangé dans le classeur idoine. Nous nous y référons quand nous ne sommes plus tous ok sur une procédure, et cela permet aux absents de la réunion de pouvoir suivre l'évolution de la réflexion et de se l'approprier.

Évidemment, dans la pratique, ce sont sensiblement les mêmes qui rédigent le compte-rendu, qui rappellent les échéances ou qui rangent les compte-rendus qui traînent, qui rappellent à l'ordre les collègues.. selon les jours (et les personnes), on est plus ou moins en forme et plus ou moins attentifs au fond, mais quoi de plus normal: certains réfléchissent plus rapidement, d'autres ont des facilités à l'écrit, d'autres encore aiment ranger.. vous noterez que je ne descends pas les mous-mous, les bordéliques, les fainéants, je mets juste en valeur les autres.. et parfois ce sont les mêmes qui s'occupent de tout.. et alors?

L'objectif reste que le travail soit le plus satisfaisant pour soi, non? Certains "détails importants" peuvent paraître indispensables à certains, et plus que futiles à d'autres..? Je reste persuadée que la dynamique peut être insufflée par tout un chacun, pour ne pas dire par n'importe qui, parce que ça pourrait paraître péjoratif et que ce n'est absolument pas mon intention!

Dans mon service, = cas isolé peut-être mais je préfère parler de ce que je connais, les changements sont généralement à notre initiative (= éducateurs) et les acharnements au changement aussi d'ailleurs, pas tellement à l'initiative des cadres, même s'ils les portent aussi ensuite..
A très bientôt..

14 nov. 2008

Machiavélisme

Salut'

Ahaha! J'adore! Exactement ce que j'avais besoin d'entendre (notamment le commentaire du Post précédent)

Plusieurs commentaires sur ton Post:

La trame est parfaite. Mais qui a le pouvoir de la faire respecter au cours de la réunion..Qui en est le garant? Celui qui conduit la réunion? Qui est-il?
Les éducateurs sont statutairement sur un pied d'égalité; impossible pour l'un ou l'autre d'imposer une méthode de travail sans passer pour un Nazi!
So, il reste deux personnes présentes à ces réunions: le chef de service et la psychologue. A mon avis il serait intéressant que le chef de service soit garant de cette méthode de travail alors que la psy aurait plus un rôle d'animation de la réunion: distribution de la parole, appuyer sur les points forts, pré-sentir ce qu'il y a d'intéressant dans une ébauche d'idée et demander à la développer, etc.

Problème:

L'initiative de cette démarche est issue de l'équipe éducative (on va dire).

Constats:

1. Le chef de service ne semble pas savoir de lui-même quel rôle y jouer, hors participation pure à la réflexion. Il est preneur de cette démarche mais ne me semble pas être garant de ce sur quoi elle pourrait déboucher; (peur de perdre le contrôle du fonctionnement du service?)

2. La nouvelle psychologue soutient la démarche et ne souhaite, elle, qu'une chose: la voir déboucher sur un changement de fonctionnement. Peut-être cela lui permettrait-il en outre d'affirmer sa place et son rôle dans le fonctionnement de l'institution.

Conclusion:

Comment débloquer la machine? Je ne me vois pas expliquer (quelle prétention d'abord) à mon chef de service comment s'impliquer mieux dans notre démarche de réflexion.

Par contre je peux me rapprocher de la psychologue pour lui faire part de ma vision des choses, et lui demander si elle peut prendre cette place: être garante de la trame.. jusqu'aux changements effectifs de fonctionnement et bilans inclus.

A suivre.. Merci Maïa

Quelle réunion!

En référence au post précédent

Salut!
Quitte à me répéter, voilà comme je vois les choses, et c'est assez simple. Si tu as l'impression que ça ne suit pas dans l'équipe, simplifie-leur la tâche au maximum.

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Pour réfléchir à la question du travail avec les familles, on peut dissocier la minorité de la majorité, car la réponse éducative n'est pas la même. Sans dissociation, il y a un risque plus important d'apporter des réponses approximatives sur des questionnements peu précis aux réflexions peu poussées, et ce n'est pas ce que tu cherches, je crois..
Donc:

Pour les mineurs:
1. Qu'est-ce qui est fait actuellement? = constat, et on liste.
2. Quel manque semble-t-il y avoir? Pourquoi? Quel est l'objectif à atteindre, concrètement?
3. Comment peut-on faire, très concrètement encore, pour améliorer le service rendu? = décision à prendre sur la mise en oeuvre effective (en pensant à la simplicité d'action, à sa faisabilité, à la clarté de l'information..)
4. Vérifier l'adhésion des membres de l'équipe = est-ce que tout le monde est d'accord? est-ce faisable par tous?
5. Liste écrite de qui fait quoi à quel moment. Exemples: le chef de service propose systématiquement à la famille d'être présente à l'admission, l'éducateur référent se charge d'envoyer une copie des bulletins à la famille, tu rédiges une lettre -type d'invitation des parents à envoyer dans le mois de l'admission..

Et faire la même chose Pour les majeurs.
En fin de réunion, décider de la date approximative de bilan de ce fonctionnement (6 mois, un an?) et la noter dans l'agenda sur le champ!

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Sur l'obligation de travail avec les familles..

Pour les mineurs
N'oublions pas que notre mission première est la protection de l'enfance. Bien entendu, nous devons associer la famille à notre travail auprès de leur enfant, mais prenons le temps du cas par cas et de la réflexion sur le meilleur moyen pour tenter de rétablir des relations harmonieuses, et pour cela, communiquons au maximum avec les jeunes concernés. Respectons la loi en l'adaptant dans la mesure du possible à chaque personne.

Pour les majeurs
Il me semble très important de se dire qu'il s'agit d'accompagner un jeune adulte dans sa prise d'autonomie et que cela passe parfois, et souvent d'ailleurs, par un travail avec sa famille, mais pas toujours. Le tort serait de croire qu'il faut travailler avec les familles et donc chercher comment répondre à cette exigence.
Vous saisissez le sens de circulation?
bien-être de l'accompagné vers sa famille,
et pas: travail avec la famille qui peut p-ê servir à l'"enfant",
non?

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Je me rends compte que ce que je viens d'écrire ne va pas t'avancer beaucoup et peut-être même te désoler davantage. Bon.. prochaine réunion le 2 décembre.. alors..

-Tu peux peut-être proposer une trame de réflexion pour éviter la dispersion? (mais je ne sais pas qui anime la réunion)

- Tu peux peut-être faire le compte-rendu toi-même, voire proposer de le faire sous forme de fiche technique?

- Il serait peut-être intéressant que tu proposes de faire des "fiches techniques" sur les procédures décidées à ces réunions sur l'amélioration des pratiques, afin de pouvoir s'y référer quand on a oublié comment faire.. Une fiche synthétique, schématique, à haute lisibilité, donc avec des phrases courtes :-)

Progressivement, cela constituera un référentiel des pratiques (l'admission, le travail avec les familles, le suivi scolaire, la recherche d'emploi, le départ..), très utile pour les "nouveaux", les remplaçants, et les éduc qui oublient..

Bien sûr, ça te donne du travail supplémentaire, mais si c'est plus satisfaisant ensuite pour toi, ça en vaut certainement la peine.