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22 oct. 2008

Travailler avec les familles

Salut!

Souvenez vous! Lors du Post précédent je vous faisais part d'un objectif de travail consistant à instaurer des "réunions mensuelles" visant à reconsidérer notre pratique professionnelle et à déboucher sur des modifications de notre fonctionnement."

A la vérité j'ai un peu triché puisque la première de ces réunions a eu lieu à la rentrée, sur le thème du "travail avec les familles". Voici la mise au propre organisée des notes prises lors de cette réunion:

Compte-rendu de la réunion du 23 Septembre 2008


LE TRAVAIL AVEC LES FAMILLES


1. D'abord un certain nombre de réflexions, en vrac:


La question du travail croise plusieurs enjeux: Il faut penser au respect du cadre légal de notre mode d'intervention mais il faut aussi penser à l'intérêt éducatif de travailler avec les familles.

On constate très souvent aux « BIIIP », au cours de l'accompagnement d'un nombre conséquent de jeunes, qu' « il reste des choses à régler » entre eux et leur famille, qui les freine dans leur évolution et/ou leur projet d'accès à l'autonomie.

Ce constat pose la question de la qualité du travail qui est fait en amont avec leur famille, durant leur parcours institutionnel (à « BIIIP » ou ailleurs, tout au long de leur suivi par l'A.S.E. )

Tout le monde semble d'accord pour dire qu'il y a un problème de clivage trop important des environnements, en l'occurrence entre l'institution et la famille.


2. Ensuite une première série de propositions, en vrac:


Faire parvenir systématiquement les bulletins de notes aux responsables légaux, inviter les parents aux rencontres « parent-professeur », aux réunions de synthèse ici etc..


3. Au terme d'une longue réflexion commune, plusieurs axes de travail viennent répondre à la question « Pourquoi et que devons-nous travailler avec les familles? »:

  • Travailler la place et le rôle de chacun au sein de la famille

  • L'acceptation de l'enfant réel par les parents et réciproquement


4. Dernières remarques importantes


Cette volonté de l'équipe de mieux travailler avec les familles ne relève pas d'une volonté de « faire le travail des référents A.S.E. » ni de notre service d'accompagnement des familles mais bien de repenser notre action dans les relations « Structure / Famille »


5. Prochaine réunion : le 28 Octobre


Il s'agirait de faire un ensemble de propositions concrètes modifiant (ou non?) notre fonctionnement actuel, et répondant aux enjeux et objectifs soulevés lors de la réunion du 23 septembre.

FIN

Je ne serai pas présent à la réunion du 28. J'ai donc fait ce compte-rendu afin d'en remettre un exemplaire à mon équipe, accompagné des documents qui ont inspiré nos réflexions (cf site de l'UNASEA et de l'ONED). J'ai remis un autre exemplaire à la psychologue qui assiste à nos réunions. J'espère qu'ils reliront ces notes en début de réunion (ce que j'ai proposé à la psychologue) afin de valider collectivement celles-ci et surtout afin de faire des propositions cohérentes.

Suite à mon retour de voyage.. dans 15 jours!


17 oct. 2008

Etre sujet aujourd'hui

Ca y est, j'ai revu l'homme.. enfin.. celui-là.. Je parle de Vincent de Gaulejac, figure de proue de la sociologie clinique, venu animer hier une conférence intitulée:

Le sujet face aux contradictions de la société hypermoderne


Quelques mots sur la sociologie clinique ?

La sociologie clinique permet d'étudier et d'expliquer les comportements humains en tenant compte du contexte social dans lequel se déroule notre histoire.

Pour le sociologue clinicien:

- Les phénomènes sociaux ne peuvent être appréhendés totalement que si l'on intègre la façon dont les individus les vivent, se les représentent, les assimilent et contribuent à les reproduire.

- Les milieux sociaux traversés, les conditions de vie, nos expériences de rapports sociaux entre hommes et femmes, les institutions dans lesquelles nous sommes passés, les héritages sociaux et familiaux sont constitutifs de notre identité, de notre personnalité.

La sociologie clinique cherche à démêler les noeuds complexes entre les déterminismes sociaux et les déterminismes psychiques.

__________

Je ne ferai pas de compte-rendu détaillé de la conférence bien qu'elle fut extrêmement intéressante, mais trop riche pour pouvoir la réduire à quelques mots mal choisis.

Alors qu'en dire?

Il s'agissait de nous expliquer en quoi et pourquoi nous vivons des contradictions énormes actuellement entre ce que nous vivons et ce que nous pensons et ce que nous nous représentons de ce qu'est la société aujourd'hui. Déjà là, je ne suis plus très claire.. Mais je continue quand même un peu..

L'individu est confronté à une contradiction majeure:

- d'une part, la société demande de réussir à se conformer aux normes de cette "société de gestion" qui participent à l'objectiver, l'instrumentaliser, la désubjectiver

- et d'autre part, il existe une exigence d'affirmation de soi, de son autonomie, de sa singularité et de ses capacités créatrices.

Il s'agit donc d'être à la fois commun et hors du commun, c'est ce que nous demande la société consumériste.


Mais la quête de l'excellence, conjoncturelle, produit de l'exclusion: chacun est persuadé qu'il va gagner, il existe peu de prise de conscience des effets néfastes de la compétitivité, on est pris dans un mouvement, dans un collectif, et on ne réalise que quand on est perdant que le système n'est pas satisfaisant et qu'on est en pleine contradiction avec soi.

Nous sommes dans une société de l'extrême, de la poursuite des idéaux, alors qu'avant, on était dans une société du sur-moi, qui fixait des interdits et était plus structurante. La société a perdu de sa consistance, nous avons accès à trop d'informations, donc nous flottons, nous sommes dans une société liquide dans laquelle il faut savoir bien nager pour rester à la surface. On cherche à gagner du temps, mais on se plaint d'en avoir de moins en moins: on a accès à l'information et à la communication en temps réel à tout moment, donc cela signifie qu'on est joignable à n'importe quel moment donc qu'on est libre de travailler 24h sur 24 si on le souhaite. On emmène son PC portable partout, donc on se retrouve coincé dans le système. C'est l'aliénation maximale que même Marx n'avait pas prévue!

L'individu est donc placé dans des contradictions très fortes: se dépasser soi-même et se conformer à des contraintes très strictes.

L'épanouissement personnel se heurte à une lutte des places de plus en plus forte. Et quand le moi n'arrive pas à être à la hauteur des propres exigences de la personne, on se sent nul et on déprime . C'est pour cela que nous sommes dans une époque où se développent beaucoup de pathologies des limites de soi: anorexie, boulimie, dépression. Prenons l'exemple du sportif de très haut niveau, qui présente une addiction à l'épreuve, à la compétition, et au dépassement de soi. A quoi sert de vivre s'il n'est plus un winner? La dépression peut alors parfois prendre la forme d' une "pause forcée" de cette course de soi, d'un apaisement , qui serait comme une obligation à arrêter cette course. La contradiction prend le dessus, le seul moyen possible de la stopper est la dépression.


_________________

Etre sujet, c'est ne pas accepter qu'il y ait ce clivage entre ce que je fais, ce que je pense, et ce à quoi j'aspire.

C'est aussi:

- être maître de ce que je peux donner aux autres

- être, se sentir responsable des espaces que j'occupe

- pouvoir recevoir et être maître de ce que je rends à l'autre

Bergson disait que pour pouvoir penser, il fallait être immobile voilà le problème actuel du manque de sens.. L'immobilisme ne va pas de pair avec notre époque, il est difficile de ralentir, nous vivons dans le "toujours mieux, toujours plus vite", dans le culte de l'urgence.


Beaucoup de ceux qui pensent tout ça pensent être les seuls à le penser, car ce n'est pas relayé par le débat public. Et nous contribuons tous collectivement à produire ce système alors qu'individuellement nous le critiquons. C'est bien là qu'est la contradiction.

La société est autant aliénante qu'elle ne donne du choix. Cette société de l'hyper (hyper-technologie, hyper-marché, hyper-président, hyper-choix) aliène aussi.

Je ne voulais pas faire de compte-rendu réducteur, c'est raté. Tout parait pourtant si fluide quand il en parle.. ici, c'est plutôt une somme de raccourcis. Alors le mieux, c'est d'aller le voir s'il passe près de chez vous.

6 oct. 2008

Projet 2008-2009

Salut!

J'aurai mis un mois avant de réaliser ce Post.. Pourquoi? D'abord car vouloir mettre à plat mes projets en les écrivant, c'est peut-être me rendre compte que je n'en ai pas, ou qu'ils ne tiennent pas la route (et ça, ça fait peur!). C'est aussi car les énoncer, c'est ensuite devoir les mettre en oeuvre, passer à la phase exécutive, c'est-à-dire travailler, et ça, c'est contre nature..ahaha (non mais je ne plaisante qu'à moitié là..) Mais comme vous le voyez, je travaille sur moi, puisque voici venir ..RRrrroulements de tambourrrr.. les projets 2008-2009, ce que je veux mettre en place, développer, amorcer etc..

Bon je ne vais pas me fouler, je reprends la trame du bilan 2007-2008, que vous pouvez consulter en cliquant sur "Bilans et projets professionnels"

Je préviens, je vais tricher un peu puisque certains de ces projets sont déjà à l'état de réalisations effectives..


Travail d'Equipe, organisation et outils:

  • Mise en place d'un document de suivi des grands moments qui jalonnent l'accompagnement d'un jeune. (date d'accueil, date prévue de fin d'OPP/d'APJM, dates des dernières et futures rencontres avec les référents ASE)
[Ce document permettra aussi de suivre et de coordonner la mise en place des outils de la Loi de janvier 2002. Je m'explique (Règlement de fonctionnement remis ou non lors de l'accueil? date d'écriture des Projets Individualisés, etc..)]

  • Instauration de réunions mensuelles devant nous forcer à remettre en cause nos pratiques professionnelles sur les grands thèmes qui parcourent nos axes de travail. Elles doivent déboucher sur des propositions concrètes de travail. Attention à la mise en place effective de ces propositions ainsi qu'à leur pérennité.
  • Retoucher le document récapitulatif des situations scolaires afin qu'il devienne lui aussi un outil de suivi des rencontres avec les équipes pédagogiques des établissements ainsi qu'avec les employeurs.

En relation avec les jeunes majeurs:

  • Ré-écriture du règlement spécifique à l'unité de vie. Rappelons que ceci est obligatoire chaque année d'après le règlement de fonctionnement de l'établissement et que nous avons au cours de l'année précédente modifié ou créé un certains nombre de règles lors de nos réunions d'équipe hebdomadaires. Si des notes ont alors été prises, celles-ci sont relativement éparses et méritent d'être rassemblées afin d'avoir un document auquel chacun pourra se rapporter (éducs et jeunes.) Les jeunes doivent à mon sens être consultés sur le contenu du document avant que celui-ci devienne "force de loi", en tout cas référence, dans leur quotidien.

Concernant l'Institution:

  • Les modalités de mise en place de l'évaluation interne ne sont toujours pas définies et je continue à participer aux réunions de travail qui doivent les élaborer. (cf posts précédents)
  • Oh surprise et nouveauté, il n'est pas impossible que je me lance dans la représentation syndicale. Objectif: mettre enfin en place cette instance représentative essentielle voire indispensable dans la négociation employeurs / salariés relativement à leurs conditions de travail.
(Pour tout dire le rôle et les missions de délégué du personnel correspondraient plus à mes motivations premières, dans le sens où ce dernier veille à l'application du droit du travail là où le délégué syndical cherche à les améliorer. J'espère lancer le mouvement et passer le relais d'ici un an si possible) Et puis cela devrait me pousser à rester en contact et informé de notre actualité sociale, ce qui est passionnant..

  • Reprendre le travail de partenariat avec la structure territoriale de développement et de programmation de spectacles culturels.

Et enfin, en ce qui concerne les jeunes..

  • Je crois que le plus gros point consistera à enfin lancer la réalisation des Projets Individualisés, ça ne peut plus attendre.. et ça ne doit pourtant pas se faire n'importe comment!

Beaucoup de choses doivent découler de cela, et des réflexions mensuelles de l'équipe..

Un lot d'idées en vrac, dont la pertinence et l'exécutivité sont à réfléchir.

  • Ré-aménagement de la salle de vie collective- avec 1. Un "panneau d'affichage" à l'usage des jeunes:"actualités et évènement locaux" / affiches de prévention. 2. Un présentoir / kiosque pour les documents à leur intention. (chantier, A.F.P.S. etc..)
  • Renouvellement de leur matériel informatique + dossier sur leur "bureau virtuel" avec les adresses de sites web qui leur sont destinés, en réponse à leur Droit d'Information.
  • Accompagnement dans des lieux publics où ce n'est pas la nécessité mais bien l'intérêt potentiel de ces lieux pour les jeunes qui serait la raison du déplacement (que cette phrase est compliquée) exemples: aller aux rencontres thématiques hebdomadaires du PIJ, aller à la médiathèque, à la "Maison des Associations".
  • Monter une bibliothèque (accès au capital culturel) au niveau du groupe ou de l'établissement.
  • Favoriser une participation à la vie collective, pourquoi pas en montant une ou plusieurs associations de jeunes, pour la promotion de la lecture, de la culture, de la solidarité sociale ou humanitaire, ou créer un réseau de solidarité, d'échange des savoirs etc.. à l'interne et/ou tourné vers l'"extérieur"
Et le rêve nait..

Ouf..ça c'est fait..repos..bye

1 oct. 2008

Partenariat

Salut!

Suite au post du 16.09.08, réponse à mon blog-partner.

Difficile de répondre à tes questions sur le partenariat.. Pourquoi? Parce que dans notre service, les partenaires sont peu nombreux et c'est le réseau qui est davantage développé.


Rappelons que les partenaires sont des personnes avec lesquelles on s'associe pour la réalisation d'un projet commun (oui, j'ai sorti le dico).

Dans ce cas, seuls les référents sociaux sont nos partenaires. Nous ne considérons pas les familles comme des partenaires, bien qu'elles puissent être des alliées et qu'elles puissent aller dans la même direction que nous, et espérer avec nous la même finalité (rappel: les jeunes femmes hébergées en semi-autonomie sont quasiment toutes majeures). Les autres structures avec lesquelles nous travaillons font partie de notre réseau professionnel, c'est-à-dire que les relations se sont créées de personne à personne et pas de service à service. Je pense notamment à la mission locale, au CIO, aux centres de formation, aux lycées, aux associations de proximité, au planning familial, aux propriétaires de logements privés..
Il n'y a pas d'échange pour le moment avec d'autres structures d'accueil similaires à la nôtre.

Quels sont nos partenaires?

- L'ASE via les référents sociaux principalement. C'est à eux que nous relayons les modalités de la prise en charge, l'évolution de la personne et de l'accompagnement. C'est un partenariat "subi", les suivants sont "choisis".
- La CAF: un correspondant est nommé. C'est à leur initiative (de sectorisation, si mes souvenirs sont bons) qu'un interlocuteur unique a été désigné.Concrètement, cela nous permet de faxer (mode de transmission choisi ensemble) nos questions à une intervenante unique, qui nous répond rapidement. L'intérêt ici est le gain de temps et cela nous permet d'avoir une réponse claire et précise, et par écrit de surcroît.
- La CPAM: c'est parce que nous les sollicitions fréquemment et qu'il était parfois difficile de les joindre qu'un correspondant a été nommé, à notre demande. L'intérêt est d'être en contact avec une personne missionnée pour nous apporter une réponse, cette personne suit donc la situation jusqu'à ce que celle-ci soit réglée.


Nous ne souhaitons pas mettre en place de partenariat supplémentaire parce que nous préférons amorcer de nouveaux contacts directement avec les jeunes femmes, càd en "live", afin qu'elles puissent comprendre et intégrer comment on procède quand on a besoin de trouver un service et de le solliciter. L'objectif est qu'elles puissent réutiliser le réseau, seules.


Grâce à cette réponse, j'ai peut-être une chance de figurer en première ligne des blogs amis? ;-)

20 sept. 2008

Du blé..

Bonsoir,


Comme je suis en forme aujourd'hui, je crois que je vais continuer sur ma lancée. Je suis assez partagée sur une situation..

Un plan de surendettement à 19 ans, c'est pas terrible pour commencer sa vie d'adulte?


Oui, mais signer un engagement de téléphonie mobile à 24 mois sans avoir de ressources financières, c'est pas très malin non plus.. et on l'a laissé faire (pour ne pas les citer, ah ah ah)

Et ce n'est pas tout..

Des amendes de transport impayées, donc majorées, donc transférées au Trésor Public, avec un tout nouvel échéancier durement négocié pour qu'il s'étale jusqu'en 2012..

Un découvert bancaire de quelques centaines d'euros avec un banquier beaucoup trop compréhensif à mon goût, qui se fait appeler par son prénom pour faire copain-copain, et qui se réjouit très certainement des incommensurables frais de rejet de paiement qui s'amoncèlent sur le compte.. une aubaine pour sa promotion.

Des cartes Sim (je ne pensais plus du tout à lui!) en veux-tu en voilà et des recharges à 5 euros.. et on consomme, et on consomme, allez allez..

Qui fait du commerce, qui fait du social?

Alors.. ma question:
Educativement parlant, est-il nécessaire de mettre en place un dossier de surendettement, qui a priori annulera toutes les dettes, rendra caduque l'engagement pour le portable et lui prouvera qu'elle peut recommencer ses dépenses sans compter quand elle veut.. puisqu'on trouve toujours une solution ?

Le CIF


Le Congé Individuel de Formation.


Pour en bénéficier, deux ans d'ancienneté sont nécessaires.

Première étape:
Un dossier est à demander auprès de l'organisme financeur de la formation continue auquel adhère l'employeur.
Dans ce dossier, on trouve :
- des renseignements concernant la formation visée: le programme, le coût, les dates précises, les modalités de validation
- les derniers bulletins de salaire
- une attestation détaillée de ta rémunération, faite par l'employeur
- une autorisation d'absence de ton employeur
( je crois que c'est tout.. de mémoire..)

Deuxième étape:
Tu envoies le tout en recommandé à l'organisme, et tu attends qu'on te réponde que tu es sur liste d'attente, et tu es très patient, parce que l'année suivante, tu renouvelles ta demande ( pour ne pas être à nouveau considéré comme un nouveau dossier et perdre ta place dans la liste d'attente) et l'année suivante encore, et l'année d'après aussi, parce que tout le monde sait que le CIF.. c'est récurrent ah ah ah

Ok, je m'en vais.. A plus

19 sept. 2008

Formation continue: le choix

Chaque année, mon employeur donne à ses salariés un formulaire de demande de formation pour l'année suivante.

Cette année, des contraintes de temps, indépendantes de sa volonté, sont venues précipiter l'établissement de nos demandes, nous laissant une semaine pour formuler nos voeux. Une semaine pour consulter les offres 2009 auprès de centres de formation qui n'ont, pour la plupart, pas encore imprimé leur nouveau catalogue..

Ayant essuyé plusieurs refus les années précédentes, j'ai décidé de me spécialiser dans le ciblage de LA formation susceptible d'être acceptée.


Plusieurs critères entrent en jeu:

- les salariés n'ayant pas bénéficié de formation l'année précédente sont prioritaires >>> j'ai toutes mes chances!

- certains centres de formation ne sont pas "copains" avec l'organisme financeur de rattachement de mon employeur >>> ça y est, je sais maintenant quels catalogues je ne dois même pas rêver de consulter! Mais attention, ça change vite, il est conseillé de se tenir au courant régulièrement des bruits de couloir!

- les formations à visée (même lointaine) de développement personnel >>> on peut y lire un synonyme de "formation sur temps personnel à financement purement personnel", parce que c'est bien connu, on ne travaille pas sur soi dans ce métier.. (cf aussi pétition J.Rouzel) Mais je conçois cependant qu'il faille poser quelques limites pour que la formation soit a minima en lien avec notre fonction professionnelle.

- plus la formation est courte, et moins onéreuse elle est, plus elle a de chance d'être acceptée (ce qui est assez logique, ok) >>> exemple: formation gratuite CPAM, lundi de 13h à 14h30, sur le "comment bien remplir un dossier CMU?".. avec un peu de chance, elle tombe sur ton jour de RTT, donc même pas de souci de changement horaire, t'as le droit d'y aller..

- pour les formations longues >>> les CIF sont là pour ça, donc rejet sur le plan de formation (si ça peut permettre un accès à un plus grand nombre de salariés aux formations courtes, je trouve cette décision très juste)

- le DIF......... >>> difficile d'obtenir des réponses sur les accords de branches et décisions associatives. Rappel: Le D de DIF veut dire Droit. Mais pas de panique, on peut cumuler les heures d'une année à l'autre, rien n'est perdu à ce jour.


Voilà, je pense avoir mis toutes les chances de mon côté pour 2009, un vrai choix de formation!

Alors oui , c'est un peu caricatural, mais tout n'est pas faux non plus..

16 sept. 2008

Excuse moi Partner

Salut!

Ne cherchez pas, contrairement à ce que j 'ai annoncé la semaine (?) dernière il ne s'agira pas dans ce qui va suivre d'établir la liste des projets que je souhaite voir aboutir cette année dans "mon" service d'Accompagnement de Jeunes Majeurs. Non Non. J'ai beau en cette rentrée avoir réuni tout mon courage pour ranger mon bureau, je ne remets pas la main sur ce [..] de papier que j'avais pris le temps de rédiger pour vous durant mes vacances (et aussi pour m'en vider la tête!)

Non Non. A la place je vous fais part ci-joint d'un document interactif (ahah un bon vieux fichier Word en "copié-collé), ou "comment réutiliser un doc du boulot).
Petite explication préalable: je me suis inscrit l'année dernière dans un groupe de travail qui doit participer à la mise en place, sur l'établissement, d'outils d'"évaluation interne". Ma collègue et moi-même devons bosser sur le thème du "Travail avec les Partenaires" et pour celà il nous faut récolter un certain nombre de données.
Voilà pourquoi j'ai rédigé le questionnaire suivant, que j'ai remis en "réunion de coordination" à chaque représentant présent des diverses équipes éducatives de la structure; et que je VOUS adresse céant!

Le participant qui aura répondu de la manière la plus sérieuse à ce questionnaire (qui fonctionne et dont les réponses m'intéressent quelle que soit la structure dans laquelle il intervient) GAGNERA le DROIT de FAIRE FIGURER SON BLOG dans la nouvelle rubrique de celui -ci, les "BLOGS AMIS". Ahahah!! Ce n'est pas merveilleux ça??!! Non? Ah bon.

Ci-joint le document en question, à renvoyer à l'adresse suivante : mabsjlag@hotmail.com, et à bientôt!

Le 15 septembre 2008



LE TRAVAIL AVEC LES PARTENAIRES



Chers collègues, dans le cadre des réunions de travail pour mettre en place des outils d'évaluation interne, différents groupes ont été constitués pour recueillir un certain nombre de données et d'opinions.

Pouvez-vous s'il vous plaît nous aider à avoir une vision globale du travail effectué par les différentes équipes éducatives de la Maison d'enfants en relation avec nos partenaires extérieurs, en répondant le plus précisément possible aux questions suivantes?


  1. Quels sont les partenaires avec lesquels vous êtes amenés à travailler?


  1. Pourquoi êtes vous amenés à travailler avec eux ? Quels sont d'après vous les enjeux de ce travail?


  1. Pouvez-vous décrire concrètement comment s'opère ce travail avec eux? (A quelle fréquence? Quels sont les outils qui vous permettent de travailler avec eux? Ceux dont vous disposiez, ceux que vous avez mis en place? Etc.) N'hésitez pas à indiquer tout ce qui vous semble en lien, de près ou de loin, avec cette question.



Merci d'avance pour votre participation! Les réponses (anonymes) sont à remettre à Tarzan ou Jane le plus rapidement possible, au plus tard lundi prochain lors de la réunion de coordination. A bientôt!



29 août 2008

Bilan 2007-2008

Salut!

Chose promise, chose due! Voici l'heure du Bilan!
Voici donc très concrètement une petite liste des nouveautés que j'ai mises en place en tant que stagiaire à responsabilité dans le service d'accompagnement de jeunes majeurs (où je suis désormais embauché en CDI, Youpi.. c'est à la fois très peu (rien de très innovant ni de révolutionnaire) et beaucoup, en terme d'énergie démesurément déployée..

Les outils de travail

Développement de supports écrits (avec achat, installation et utilisation de matériel informatique à usage professionnel)

  • Classeur et prise de notes lors des réunions d'équipe et des réunions cliniques hebdomadaires.
  • Classeur et prise de notes lors des rencontres de l'équipe, du jeune et de son référent social.
  • Planning d'organisation du collectif: utilisation de la Buanderie / Jours de retraits des Budgets et de transport en courses.
  • Documents de suivi et de coordination: classeur des calendriers de "retour famille" (pour les mineurs), récapitulatif des situations scolaires, récapitulatif des partenaires de l'accompagnement (référents sociaux...)
  • Mise en utilisation de quelques outils préconisés par la Loi du 02 janvier 2002 : Règlements de fonctionnement, Charte des Droits et Libertés de la personne accueillie.

A propos de l'équipe:

  • Mise en place de casiers personnels.. chacun a sa place..
  • Recherche/développement d'un positionnement d'équipe sur des situations éducatives ou relatives au cadre institutionnel
  • Recherche d'une dynamique de plus en plus en forte de remise en cause, et de questionnement collectif des pratiques (qui doit d'avantage déboucher sur des propositions..

Concernant l'Institution:
  • Participation aux réunions de discussion devant conduire à l'élaboration du nouveau projet institutionnel.
  • Participation (inachevée) au groupe de travail devant mettre en place les modalités d'évaluation interne préconisées par la loi du 02 janvier 2002.
  • Un travail (un peu plus ancien) de rapprochement entre l'établissement et une grande association locale de programmation et de développement territorial d'évènements culturels.

Relativement aux jeunes majeurs accompagnés :

Au niveau individuel : Relation éducative qui tourne autour de plusieurs axes: rôle cadrant/rappel à la loi ; accompagnement dans les démarches extérieures (Banque, ANPE etc.) ; relation d'aide ancrée dans les évènements vécus dans le quotidien de l'établissement.

Au niveau collectif : Suite à l'échec (provisoire ahaha) de l'utilisation des spectacles culturels comme outil éducatif, travail autour de la constitution d'un collectif dans cette unité de vie nommée "semi-collective".. Sorties piscine en groupe (parfois réduit!) régulières + participation collective à quelques jeux de société.. et surtout, multiplication de sorties collectives plus ou moins proches, gratuites et intéressantes ^^)


Quel exercice fastidieux.. Plus intéressant que le Bilan, bientôt, les "Projets", le temps que je remette la main dessus, quoi!!

A bientôt

25 août 2008

Forum ONES et fédération TSF

Salut

Une petite info rapide:

Le site de l'ONES s'est doté d'un forum. C'est nouveau, il n'est pas encore très actif, mais il ne tient qu'à nous qu'il le devienne.

Suivie d'une autre petite info tout aussi rapide:

Les TSF (Travailleurs Sociaux en Formation) viennent de s'organiser au niveau national sous la forme d'une Fédération.
Source de l'info: les ASH

A bientôt.

16 juil. 2008

C'est en .??. qu'on devient apprenti.

Pour répondre à une question sur l'apprentissage laissée en commentaire:

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Tout d'abord, pour devenir apprenti,
il te faut deux conditions sine qua non:
- avoir un employeur
- avoir réussi les épreuves d'entrée en école d'éducateurs.

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Et pour cela:

- Soit tu travailles déjà dans un établissement social et tu te renseignes auprès de ton employeur pour connaître les possibilités de contrat d'apprentissage, et tu t'inscris pour les sélections dans une ou plusieurs écoles proposant la formation d'éducateur spécialisé,


- soit tu passes d'abord les sélections en école et tu les réussis, et selon les résultats, tu as différents cas de figure:
--------- tu es sur la liste principale, c'est-à-dire que tu peux démarrer la formation en statut étudiant si tu le souhaites (= tu rentres en formation, financée par la DDASS, mais il te faut de quoi vivre pendant trois ans..) . Ca ne t'empêche pas de chercher un employeur.
---------- tu es sur la liste complémentaire et il te faut trouver un financement de ta formation: tu recherches donc un employeur qui peut te proposer un contrat assorti du financement de la formation.


Mais Ababakar, ex-apprenti depuis presque un mois maintenant, en dira davantage au besoin, ou complètera, ou rectifiera mes dires, enfin.. dès qu'il sera rentré de vacances.

13 juil. 2008

De l'évaluation..

SALUT !
Comme promis précédemment, je vais m'épancher deux minutes sur l'évaluation de notre travail dans le service. Je pense que d'autres posts suivront sur l'évaluation en général et sur les nouveautés. Pour le moment, nous sommes en pleine réécriture du projet d'établissement (et c'est déjà pas mal) (ça aussi, j'aimerais prendre le temps d'en dire deux mots). Pour la réflexion sur la démarche-qualité, nous attendrons 2009.

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Depuis quelques temps, en équipe, nous savions que nous manquions d'un espace institué pour évaluer notre travail.

Parallèlement à la loi 2002, même si l'obligation de s'y mettre n'était pas urgente, nous avons construit un outil (galvaudé comme terme, je sais) pour lancer cette démarche d'évaluation de nos pratiques professionnelles (galvaudé comme phrase, je sais). L'objectif était de pouvoir commencer à "justifier" notre action éducative, avant qu'on ne nous impose une grille toute-faite-et-pas-par-nous qui ne nous conviendrait peut-être pas. Je préfère utiliser des procédures que nous avons conçues qu'attendre qu'on m'en impose. Le travail en amont porte souvent ses fruits, c'est parfois plus de boulot, mais c'est toujours plus satisfaisant. Soit..

voilà ce que nous utilisons actuellement..



De quoi je parle?
Environ un mois après le départ des jeunes femmes hébergées, nous faisons un bilan de ce que nous avons proposé (ou pas) à la JF, pendant son séjour. Il s'agit d'échanger sur les ratés et les réussites de l'accompagnement. C'est censé n'être ni un encensoir automatique ni de l'auto-flagellation de groupe.



Comment se présente-t-il?
Nous y passons une heure, en réunion hebdomadaire.
Nous démarrons par un bref rappel de la situation: origine du placement, âge de la jeune fille, durée du séjour..
Puis, le référent institutionnel reprend les différents domaines de l'accompagnement, en détaillant en quoi nous avons pu être aidants (ou handicapants) pour la personne:
- Les relations familiales
- Le milieu scolaire ou professionnel
- La vie quotidienne
- Les relations affectives
- L'administratif
Pour chaque domaine, nous définissons ensemble :
- quel accompagnement éducatif concret nous avons proposé
- quel réseau nous avons utilisé pour cela
- ce qui n'a pas marché, en essayant de savoir pourquoi
- ce que nous aurions pu proposer d'autre, le pourquoi nous n'y avons pas pensé sur le moment, les interférences qu'on pourrait éviter à l'avenir..

Nous finissons sur les conditions de départ: le départ a-t-il été facile? était-ce le choix de l'hébergée? s'est-elle manifestée depuis son départ? a-t-on répondu à la mission initiale?

Où réside la difficulté?
C'est l'action éducative uniquement que nous souhaitons évaluer. Bien sûr, l'évolution de la jeune femme vient "éclairer" les résultats, mais l'objectif principal n'est pas une synthèse éducative.

Bien souvent, nous nous éloignons de cet objectif premier, pour parler de la jeune fille, sans doute parce qu'il est plus aisé de parler des autres que de soi. L'exercice n'est pas toujours plaisant pour tous, mais la nécessité de s'y "confronter" fait l'unanimité.

Quels bénéfices retire-t-on de ce bilan?
Par cet exercice, nous faisons l'effort de formuler ce que nous retenons de chaque accompagnement, nous échangeons sur ce que la jeune femme nous a appris et ce qu'elle nous a renvoyé sur nos pratiques.

Cela nous permet aussi d'évacuer entre nous ce qui nous a divisés. L'objectif étant de ne plus nous achopper lorsque la situation se représentera.

Ce bilan, comme tout bilan selon moi, nous permet de clore correctement une période, c'est aussi important que le démarrage de la mission.
D'un petit clic rapide, vous pouvez laisser un commentaire ci-dessous.

8 juil. 2008

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5 juil. 2008

VACANCES

Salut'

Blog silencieux jusque fin Juillet pour cause de vacances bien méritées au bord de l'eau.
A la rentrée: un bilan de l'année en terme d'évolution de mon service. Un ensemble de propositions, moult projets etc.
Sur ce je m'souhaite de longues et bonnes vacances!
Biz à tous!
PS: Quand même, il faut que je vous dise en deux mots. Pour finir cette année en beauté et ne pas être rappelé sur mon lieu de travail, j'ai eu 48h pour "former" un nouveau membre de l'équipe afin qu'il soit "fonctionnel" pour travailler seul dès lundi prochain.. Drôle d'aventure surtout lorsqu'on sait qu'elle comme moi sommes tous deux de jeunes diplômés de cette année!
Bye'

27 juin 2008

Nouvelle étape

Salut!

Comme vous l'aurez compris avec le Post précédent, je viens de franchir une nouvelle étape dans ma vie professionnelle puisque je suis enfin diplômé!! Youhou!! (merci pour les félicitations Maïa, tu dois être la seule à lire ce Blog!)

Alors que, déjà, une tonne de sujets s'amoncellent dans ma petite tête de faineant fatigué (cliquez sur l'image du Post précédent) : j'aimerais vous raconter ma récente expérience d'organisation, en urgence, d'un séjour de trois jours pour quinze personnes à Londres.. comment je me suis trouvé deux fois de suite démuni face à deux jeunes adultes faisant acte de résistance passive contre une interdiction de veillée commune (à suivre).. comment je tente de réaliser/rédiger le premier projet individuel du service, pour finir en dressant un bilan de ce que j'ai pu apporter ou mettre en place depuis un an et demi sur cette unité de vie et ce que je souhaite réaliser l'année prochaine..

Mais tout cela il n'en sera pas question aujourd'hui.
Aujourd'hui je signale simplement aux quelques lecteurs les évolutions du blog, récemment "mis à jour", avec
- Un nouveau titre (et un nouveau descriptif) censé améliorer le référencement. J'espère notamment comprendre comment proposer clairement un système de souscription RSS. (si quelqu'un peut m'expliquer, bienvenu dans les commentaires)
- Une rubrique liens qui va se remettre à jour doucement, pour tenter de devenir une page clé en terme de ressources éducatives web.
- Un nouveau système d'affichage par libellés qui vous permettra d'afficher, en cliquant sur "libellé" à la fin d'un Post, d'afficher tout les messages appartenant à la même catégorie; ce qui est un premier pas vers un système d'archivage par catégories dans la colonne de droite.

Alors restez en ligne, et "lâchez vos commentaires" en cliquant ci-dessous:

21 juin 2008

La Quille, ou le Diplôme d'Etat d'Educateur Spécialisé






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17 juin 2008

Les départs. Et après?

Aujourd'hui, et ce n'était pas arrivé depuis longtemps, E. et F. sont venues dire bonjour.
Elles étaient hébergées entre 2000 et 2002.. ouh! un bail!
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E. a une vie que l'on peut qualifier de stable: un appart, un copain avec qui elle vit depuis 4 ans; elle a changé souvent de travail, mais elle en a toujours eu.
F. habite encore aujourd'hui le studio trouvé à son départ du foyer il y a 6 ans. Elle travaille toujours au même endroit. C'est difficile, mais elle est très courageuse, et elle n'aime pas le changement.
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J'en avais déjà parlé dans un post l'année dernière: les anciennes reviennent pour donner de leurs nouvelles. Quand elles sont hébergées, elles constatent que ça se fait, que c'est l'usage de la maison, et elles s'autorisent à venir quand, à leur tour, elles deviennent ces "anciennes". Elles savent également que la stabilité dans le personnel permet de risquer que la porte s'ouvre sur une tête connue, et que nous les accueillerons avec plaisir, voire avec un café. Elles nous donnent en général des nouvelles de l'une ou de l'autre, hébergée à la même période.
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Nous n'avons rien institué à ce sujet, bien que nous aimerions tous savoir ce qu'elles deviennent, évidemment. Rien que par pure curiosité! Mais comment le pourrait-on?
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J'avais bien essayé, à un moment, prétextant un mémoire de fac de questionner des jeunes femmes sorties depuis plus de deux ans, mais celles qui ont répondu à mon appel étaient celles qui le voulaient bien. J'entends par là que si leur situation avait été trop critique, je n'aurais même pas réussi à les joindre. Celles qui ont répondu sont celles pour qui la vie va, au moins à peu près.
Nous avons aussi des nouvelles par le "réseau": référents sociaux, jeunes femmes hébergées, partenaires.. nous recevons des faire-parts.. elles envoient des voeux, des photos..
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et tout ça me semble bien suffisant! Elles sont déjà bien assez fichées comme ça.

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15 juin 2008

V.

Salut
Après lecture de tous ces départs, me revient en mémoire celui de V., il y a quelques mois maintenant.

V., jeune femme de 18 ans, est hébergée au foyer depuis quelques mois. Nous repérons vite son extrême fragilité psychologique, et cette mise en danger d'elle-même beaucoup trop fréquente. Cela se concrétise par un rapport à l'autre manquant cruellement de distance et de discernement.

Après une déception sentimentale avec celui qui lui avait promis le mariage et le respect de son corps, et qui l'a trahie.. avec une autre, par respect pour elle justement.. elle rencontre un autre jeune homme.
Deux semaines plus tard, elle nous annonce son départ imminent, pour son mariage, dans le pays d'origine de son futur mari.


Nous avons essayé qu'elle parte dans de bonnes conditions, puisque son rêve de vie allait se réaliser. Elle souhaitait depuis quelques mois se convertir à une religion, celle de son copain actuel et celle du précédent copain aussi. Elle l'explique par le fait que sa famille naturelle l'a trop déçue, qu'elle a trop souffert, et qu'à cause d'eux, elle est définitivement ecoeurée par tout ce qui ressemble de près ou de loin à sa culture familiale d'origine. Elle pense qu'en changeant de religion, elle commence une nouvelle vie et qu'elle peut oublier l'ancienne à jamais.
Elle a aussi fait un court séjour dans une famille d'accueil de la même origine que son copain, et cette période a confirmé qu'elle pouvait trouver chez eux (et par extension chez tous ceux de leur confession) l'attention qu'elle n'avait jamais eue. Et comme pour elle, il y a (très très) vite les bons et les méchants, son choix était fait.

Cette proposition de mariage précipité est selon elle la chance de sa vie: elle pourra "s'occuper de son mari, le servir, s'occuper de la maison"(sic), (le rêve de toute femme, quoi!).

Nous lui avons alors proposé de garder sa place au foyer, c'est-à-dire de ne pas mettre fin à sa prise en charge dans l'immédiat, afin qu'elle ait un point de chute à son retour de.. là-bas (10 jours plus tard), au cas où elle voudrait changer d'avis, revenir sur sa décision. Par prudence, simplement.
Mais les quelques minimes précautions que nous avons voulu prendre (nom du futur mari et adresse à l'étranger) ont suffi à ce qu'elle parte en catimini, comme un mari qui irait chercher des cigarettes et qui ne reviendrait jamais.
Elle a laissé derrière elle sa scolarité (à quelques mois des exam), ses effets personnels, et une coquette somme, pourtant difficilement thésaurisée.
Nous avons essayé pendant le peu de temps qui nous était imparti, entre le choix du départ et le départ réel, de la laisser libre de ses actions, tout en tentant de l'amener à un choix éclairé. Aïe, qu'est-ce que ça veut dire??? L'éducateur "suffisamment bon", c'est possible, ça? Difficile de trouver le discours juste, le "ni trop" "ni trop peu". C'est ici que la régulation d'équipe a été importantissime. Les réunions furent hautes en couleurs! En effet, il n'était pas aisé de mettre de côté ce que nous pressentions tous: nous avions des craintes quant aux desseins du mari, qui plus était vue la fragilité psychologique de V. qui n'échappait à personne (membre éducatif ou pas). Et il nous fallait nous débarrasser des représentations sociales de ce cliché, situation d'autant plus délicate qu'elle était persuadée que nous faisions tout pour la dissuader de partir. Etait-ce "socialement correct"?

Tout ceci, sans oublier que nous avons toujours un rôle de protection et que conséquemment nous nous devons de faire ce que nous appelons dans notre jargon "les recommandations d'usage". Nous l'avons donc mise en garde concernant cette future belle-famille qui lui paie tout, qui la prend en charge pour Tout, qui lui fait faire son passeport précipitamment, qui la couvre de cadeaux et qui crédite son portable à souhait..


Elle a été aperçue quelques semaines plus tard dans un quartier voisin. Nous ne savons pas à ce jour si elle s'est mariée, si elle s'est rendue là-bas, si elle est heureuse.. Elle n'est jamais repassée au foyer, sa ligne est désactivée, et les autres jeunes filles hébergées ne l'ont jamais revue non plus.
Maïa.

Début juillet 2008: Comme s'il suffisait d'en parler, nous avons eu des échos par messageries interposées.. un peu le téléphone arabe, en quelque sorte. Alors? Elle est dans un autre pays lointain (pour ne pas le citer), en passe de se marier avec un autre homme, et elle est heureuse.



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2 juin 2008

Départ N°7 : Jordan


Salut!

Bien. Aujourd'hui il faut parler de Jordan, 18 ans.

Jordan est arrivé dans le service il y a un an et demi. Situation conflictuelle et violente dans le milieu familial.

Un petit compte rendu catégorisé:

Vie dans l'institution: a priori les règles ne sont pas pour lui, il est bien au dessus. Plus tard il ne les respectera qu'en apparence. Finalement il les "intègre?", tout en continuant à les discuter, et tant mieux. En terme de gestion du quotidien, se sert beaucoup des autres (en s'invitant très souvent chez eux). Pas de problème d'argent car dès sa majorité il vide des comptes dont nous n'apprenons l'existence qu'une fois vidés.. ce qui ne l'empêche toutefois pas d'avoir une belle ardoise chez nous en fin de séjour.

Relations avec les autres jeunes: euh.. imbuvable? méprisant peut-être. Finalement il se fera quelques copains. Mais surtout pas d'amis, même à l'extérieur. Les amis, ça sert à rien.
Surinvestissement amoureux suivi de drames et de nombreuses périodes dépressives.


Scolarité: Scolarisé en milieu technologique (pas "professionnel" hein! "technologique!"), il a de très bon résultats, mais un énoOOOrme absentéisme. Son projet scolaire est alternativement source de surinvestissement et de désintérêt. Il doit absolument être le meilleur lorsqu'il se présente à un devoir, mais son passage dans la classe supérieure ne l'intéresse pas plus que ça.
Il abandonne sa fillière, tente la restauration, reprend l'école, l'abandonne à nouveau.. Mais que veut-il??

Relations familiales: Lui a des contacts uniquement téléphoniques avec Mr mais très très très fréquents. Ne parle d'abord jamais de sa famille. Puis parle rapidement des conseils systématiques de Mr, qui lui dit quoi faire et comment à chaque petite étape de sa vie. Nous n'avons aucun contact avec eux, même si le temps passant, il nous semble de plus en plus évident que nous n'irons nulle part sans eux. Image idéaliséé du père. "on a le même parcours, lui seul me comprend, je n'écoute que lui etc.."

Durant tout son accompagnement Jordan est vraiment "border line" en terme de respect de ses engagements vis à vis de son A.P.J.M. On a d'abord l'impression qu'il ne sait pas ce qu'il veut (bon ça peut se comprendre..) puis qu'il cherche à gagner du temps (on en gagnerait s'il nous disait vraiment ce qu'il veut) et enfin qu'il cherche à se faire exclure pour mettre sa famille dans l'obligation de le "reprendre".. ("ben oui mais non, tu fais rien de ta vie etc..)

Depuis quelques semaines il a tout abandonné en terme de projet d'insertion professionnelle. Quelques tests très éloignés dans le temps pour intégrer l'armée, mais plus personne n'y croit. Plus personne sauf lui. Il a été incorporé mercredi dernier. Loin de chez nous, loin de chez lui, loin de tout ce qu'il connait, et pour une durée indéterminée. "Section spéciale entrainement trop trop dur de guerilleros". "Mon père est très fier de moi" "Ma mère est très contente.. "(hum, loin des yeux tout ça..)

Une dernière phrase rapportée par Jordan sur le quai de la gare. Mon père m'a dit: "Avec tout ce que t'as mangé quand t'étais gamin, l'armée pour toi ça va être du gâteau!"

Si ça, ça vous donne pas de l'espoir..

A Bientôt

26 mai 2008

Départ N°6: Edward

Salut!

Les départs se multiplient en cette fin d'année scolaire.

Edward est arrivé chez nous il y a quelques mois, âgé de 17 ans.
Son parcours? En deux mots il a passé son enfance en famille d'accueil, dès l'âge de 7-8 ans si je ne me trompe pas. Pour quelles raisons? Qu'elle est la situation de sa famille naturelle? Aucune idée.
A 16 ans il a intégré une structure d'hébergement en semi-autonomie à l'intérieure de laquelle il a pu suivre une formation, et a obtenu ainsi son CAP cuisine. Cet examen obtenu, il devait changer de structure et c'est comme celà que nous l'avons accueilli.
Son projet? Essentiellement professionnel: mener à terme un contrat d'apprentissage débouchant sur un BEP cuisine et devant se solder par une embauche, pour prendre son envol très rapidement.
Son séjour dans la structure: relations avec l'équipe éducative: quasi-inexistante, il vit replié sur lui-même, ne fait aucune demande, même budgétaire (un accord entre lui et son référent social lui permet de gérer seul son salaire et ses comptes). Il est difficile d'aller vers lui, son studio devient rapidement un camp retranché auquel il est difficile d'accéder sans passer pour des inquisiteurs. Petit à petit il devient le leader de 5-6 garçons de tout âge, tous dans des situations de fragilité psychologique et d'influençabilité (cf image), auxquels il apporte sécurité, protection et parfois un peu d'alcool et de fumette, certainement, en échange de leurs "bons plans" et de leur loyauté indéfectible.

Plusieurs points sont faits sur sa situation durant ses quelques mois de présence, afin d'éviter les gros dérapages et d'entendre Edward sur ses projets à sa majorité. 1 mois avant celle-ci, il cherche confusément un studio pour s'installer. Il demande alors une aide éducative, (enfin!). De toute évidence il apparait qu'il n'est pas du tout autonome pour les démarches civiles! On comprend alors que son employeur l'a vraiment pris sous son aile, génial?!?..

Le jour de sa majorité, il "découche" pour fêter celle-ci avec son frère, c'est à dire le fils de sa "mère d'accueil". Il ne reviendra jamais. Un ou deux contacts téléphoniques. Ses affaires lui sont discrètement rapportées, petit à petit mais rapidement, par son ancienne garde rapprochée.

Ne va plus du tout en cours, continue d'aller travailler (c'est un vraie passion!), a passé ses exams?

Plusieurs remarques:

- Méconnaissance du parcours
- Pas de problématique dégagée
- Pas de projet éducatif individualisé
- Un parcours d'accompagnement long, très long (dès l'âge de huit ans)