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23 avr. 2007

Vocabulaire bis

Dans le même genre de disposition d'esprit que l'empathie, la congruence est également un in-con-tour-nable. Je n'ai pas vraiment de définition fiable sous la main... (ça, ça veut dire "aucune garantie" de ce qui va suivre)

Selon moi, la congruence désigne une certaine adéquation entre les émotions ressenties et leur expression sincère à la personne avec laquelle on communique.


J'oublie de dire qu'on parle de congruence dans une relation d'aide surtout, sinon, en dehors, on parle juste de compréhension, d'authenticité, d'échange, d'alchimie, voire de communion parfaite si c'est intense, mais c'est plus rare.

Bref, il s'agit de se montrer sans façade, "émotionnellement ouvert", afin de permettre à l'autre de s'autoriser à vivre ses émotions, et par là même, lui donner la possibilité de mieux les comprendre, et peut-être aussi de mieux se comprendre.
Ce serait donc comme une marque d'authenticité que l'on montrerait, et de façon délibérée. Evidemment, tout cela, sans en profiter pour régler nos névroses enfouies et soudainement rejaillissantes. Et c'est là que ça se complique... (ça veut dire qu'il ne faut pas en profiter pour raconter que nous comprenons bien la situation, parce que, nous aussi, notre parrain André avait un cheval, qu'il s'appelait Pégase, et que c'est un super souvenir pour nous et qu'un jour, il s'est noyé dans un étang vaseux alors qu'il savait nager et voler et que là, c'était très triste et que... aucun intérêt) (mais en fait, ça ressemble plus souvent à : "ah oui, c'est comme quand moi, je..." ou " tu sais, ça me rappelle...", mais ça revient à la même chose que Parrain André et son cheval).
Pour rester dans la relation d'aide, il s'agirait donc d'exprimer à l'autre que nous le comprenons en lui expliquant pourquoi nous le comprenons, en lui livrant des émotions du moment qu'il suscite lui-même en nous, et tout en gardant la distance professionnelle indispensable et en évitant de tout ramener à nous, même si nous acceptons de nous ouvrir à l'autre pour créer une proximité relative pouvant le mettre à l'aise et l'aider à s'autoriser des ressentis. (euh, oui, ça, c'est peut-être pas très clair)
Encore une fois, tout est dans le "suffisamment" mais pas trop, merci Donald (Winnicott, pas le canard) (oui, c'est nul).
A bientôt.

18 avr. 2007

Vite, une pré-ad ! Un autre profil.



P., 18 ans, se présente avec deux A.S. et ses parents. Ceux-ci sont dépassés (les parents, pas les AS quand même) , ils n'en peuvent plus: la fille provoque et teste les limites de ses parents, que ceux-ci n'arrivent pas à poser. Ils cherchent à comprendre, ils se questionnent sur la solution la plus adaptée, car le quotidien est trop lourd. Ils aiment beaucoup leur fille, mais la situation est devenue ingérable: "mauvaises fréquentations", absentéisme scolaire, sorties tardives très tardives, manque de communication, incompréhension de part et d'autre. Retour de baton d'un certain laisser-faire? ère post-Dolto mal interprétée? (Dolto, pas l'ère) . Je ne sais pas. Cette grande-ado-pas-encore-adulte (j'aime bien faire des longs mots composés comme ça, j'en ferai encore) traverse ce passage d'un âge de la vie à un autre, cherchant désespérément le cadre sans le trouver, et revendiquant parallèlement cette liberté pas encore consommée. Mais quoi de plus normal! Qui peut se targuer d'avoir passé cette étape sereinement ? pas moi en tout cas! Passage difficile, certes, mais cela justifie-t-il le placement? Attention, phase de questions, je vais essayer d'être brève.
- Que peut-on répondre? Quelle orientation leur proposer?
- Pas d'antécédent de suivi social, pas de maltraitance, pas de mise en danger, et elle est majeure. Alors... démission des parents? Encore une fois, je ne sais pas. Le besoin de médiation est criant, mais cela justifie-t-il une prise en charge éducative au quotidien, au sein du foyer de jeunes majeurs?
- Si on accepte ces "nouveaux profils", où les "cas complexes" vont-ils être accueillis?
- De plus en plus de parents sont en demande d'aide pour leurs "jeunes-adultes-d'enfants" (je vous l'avais dit). N' existe-t-il pas de service pouvant leur répondre?
- Il y a peut-être une autre problématique sous-jacente, si on refuse l'admission, la famille va peut-être s'y enliser, alors que la prise de contacts avec les services sociaux (phase difficile) est déjà faite.
- Comment se fait-il que des demandes de ce type nous arrivent plus fréquemment maintenant, alors que nous sommes censés accueillir des jeunes filles en grandes difficultés sociales et familiales, dans le cadre de l'agrément de la M.E.C.S.?

17 avr. 2007

Prise d'envol... La vie va.

Elle était quand même assez... difficile, mais elle correspondait tout à fait au "profil" . Que viendraient faire ici des filles sans soucis? Oui, mais elle, elle nous donnait beaucoup beaucoup beaucoup de travail, alors maintenant qu'elle a pris son envol, c'est vide! Vide de cris, vide de crises, vide de portes qui claquent, vide de voisins qui râlent pour la musique trop forte... voire vide de gestion de conflits!
Elle prenait tellement de place que le service est soudainement désert. Cette petite V., on s'en souviendra, c'est certain... comme de toutes les autres, en fait.

11 avr. 2007

Photo

Salut!

Je suis absent de mon lieu de travail cette semaine, et comme je ne fonctionne qu'avec ma mémoire vive, à chaque veille de retour sur mon "terrain employeur" j'angoisse de tout devoir redécouvrir, de ne plus savoir ce que j'ai à faire.

Voici donc un post à usage unique et personnel, une photo de situation, que je relirai le jour J afin de me rappeler où j'en étais en partant

Les jeunes: (non non, je vous vois venir, je ne crains pas de les oublier en une semaine!!)

Allez, du plus petit au plus jeune. (non plus, non, cette phrase ne me choque pas..)

Parlons de la jeune A: c'est bien simple je ne la connais pas. J'étais présent lors de sa commission d'admission. Elle a été accueillie le jour de mon départ. Crainte de la solitude. Méfiance vis à vis de l'adulte. Sentiment de persécussion.

jeune B: (anonymat, les maires ne nous auront pas!) : 17ans, en fugue chronique depuis des semaines. Séjour de rupture prévu et travaillé par l'équipe, avec son accord, en son absence..

jeune C: sentiment d'injustice / son histoire, transformé en engagement politique exacerbé. très en colère par rapport à ses parents. Quelle évolution du lien parental?

jeune D: relation sentimentale et plus si affinité avec une autre résidente. scolarité en dents de scie. Des habitudes discutables en terme d'hygiène.

jeune E: Très lisse. Utilise beaucoup le "je". Ecrasant (pour ne pas être écrasé!?)

jeune F: à quelques jours de sa majorité. très angoissé. A.P.J.M. accordé sur le fil du rasoir. En veut-il vraiment? Son projet est-il vraiment dit?

jeune G: formation de remise à niveau en cours. en attente d'un résultat "test de capacité au tavail"..

jeune H: récemment sauvée à un conseil de discipline, à deux mois de l'examen. Pas très présente sur l'institution (week end, vacances). sait ce qu'il lui reste à faire.

jeune I: "sorti de nulle part". arrivé en mon absence. commission d'admission??

Voilà un petit topo absolument pas professionnel, (mais vu la différence entre l'action que je constate sur le terrain et ce qui m'est enseigné au centre de formation, je ne sais plus très bien ce qu'est être "professionnel" ) et qui en plus ne m'aide pas à chasser cette angoisse personnifiée en l'image d'un jeune rencontré sur un autre groupe, il y a quelques mois, revenu aujourd'hui hanter mon réveil..

Bon à plus.

9 avr. 2007

Stooop !

Tu aimerais, toi,
signer un contrat de séjour (pour la loi 2002), le lendemain rédiger ton contrat APJM (pour l'ASE), le surlendemain être questionné sur ton projet de vie (par le référent social), et le jour suivant t'exprimer sur les moyens que tu vas te donner pour atteindre tes objectifs (pour aider les éducs à faire leur boulot) ?

Mais qui est au service de qui?

PETIT EXERCICE D'APPLICATION
Prends 5 minutes, écris ton projet et décline-le en 2-3 objectifs...
Ah ah, on rigole moins...

Ca doit être difficile pour les personnes que nous accompagnons d'être constamment sous les projecteurs: chaque défaut est repéré, chaque faux pas est traqué, chaque écart est "repris". Rien ne passe à l'as!
Peut-être pouvons-nous penser, de temps à autre, que nous sommes sur LEUR lieu de vie, sur LEUR territoire-semi-perso-faute-de-mieux, parce qu'à leur place, ce dont on rêverait... c'est qu'on nous FOUTE LA PAIX!
.
10.04.07. Le lendemain.
Bon. Hier, vous avez eu mon humeur du jour, mais d'hier. Là, j'ai envie de dire que la notion de projet est bien évidemment formidable et incontournable dans notre boulot, parce que le projet permet une rigueur indispensable dans le travail, c'est un garde-fou dans la relation éducative et affective, on ne pourrait pas s'en passer, c'est constructif, ça donne une trame, etc.

5 avr. 2007

Rentrez couverts

Les cas pratiques sont toujours plus parlants que les longs discours, non? alors allons-y, imaginons que...

Gérard, 40 ans, est en CHRS, il n'est pas apprécié des autres hébergés parce qu'il les provoque facilement. Tu lui ouvres la porte, il est 22 heures, et tu t'aperçois vite qu'il est complètement ivre, ce soir encore. Tu es sur le point de finir ta journée, et la soirée n'a pas été des plus calmes: le groupe est très animé, l'ambiance orageuse, et tu as dû intervenir à plusieurs reprises pour calmer les tensions.

QUE FAIS-TU?

A. Tu fais rentrer Gérard et tu te prépares à quitter ton poste, le plus rapidement possible, déjà 10 minutes que tu devrais être parti, tu es harassé, la journée a été suffisamment longue et éprouvante.

B. Tu lui refuses l'accès au service et tu en profites pour fermer les volets au cas où il tenterait d'entrer pas d'autres moyens, éventuellement dévastateurs. Puis, tu attends qu'il soit hors de vue pour quitter ton poste.

C. Tu lui refuses l'accès et tu appelles les services de Police.

D. Tu endosses ton blouson et tu lui proposes... un dernier verre.

TU AS REPONDU:

A. La conduite d'évitement, c'est ton truc, tu l'as déjà testée, alors pourquoi y faire une entorse? La fuite, c'est le top?! NON! CHANGE QUE DIABLE! DEPASSE-TOI!
.
B. Dans ta logique guerrière ou grégaire, tu protèges la forteresse et tu restes en groupe. OUI, C'EST MIEUX, MAIS GERARD, TU Y AS PENSE A GERARD?
.
C. PRUDENCE EST MERE DE SURETE. OUI. Tu couvres Gérard de l'effet de groupe, et tu te couvres. Eh oui, si tu refuses l'entrée et qu'il arrive un accident à Gérard alors qu'il est encore sous l'effet de l'alcool, tu risques le délaissement en situation d'une personne vulnérable. En appelant la Police, tu la laisses prendre la responsabilité de placer la personne en cellule de dégrisement, et tu es couvert.
.
D. ...
.
Bon, l'info importante ici, c'est bien sûr le délaissement blabla, et je sais, je ne suis pas allée droit au but, mais on ne peut pas toujours être ultra synthétique.
A bientôt pour de nouvelles aventures!

4 avr. 2007

Mineurs Isolés Etrangers


Cet après-midi, inauguration du SAMIE , Service d'Accueil pour Mineurs Isolés Etrangers, près de Lille. Maire de la ville, président du Conseil Général et d'autres personnalités du secteur de l'enfance étaient présents.
Ce service, qui accueille 15 jeunes, fonctionne depuis septembre 2006. Il dépend de l'EPDSAE, et il est le rare spécialiste de l'accueil des mineurs étrangers. Il a été créé suite à une période où les maisons d'enfants de la métropole "croûlaient" sous le nombre de jeunes étrangers sans famille.
Dans le projet éducatif: accès aux soins, scolarisation ou formation, orientation, suivi des démarches administratives...

Si vous vous intéressez au sujet, il existe depuis décembre dernier un site spécialisé:
www.infoMIE.net , sur lequel on peut trouver infos législatives, forum, bibliographie, agenda-conférences... principalement sur les mineurs isolés étrangers. En cas de situations particulières que vous devriez gérer, vous pouvez contacter RESF (Réseau Education sans Frontières).

26 mars 2007

Vocabulaire

Salut!

Je voudrais aujourd'hui faire profiter tout le monde d'un petit document ridicule mais intéressant!
Vous avez déjà tous entendu parler de cette merveilleuse disposition d'esprit qu'est l'empathie, si difficile à définir?!?
En gros c'est la capacité que l'on doit avoir à se mettre à la place de l'autre pour comprendre ce qu'il ressent. Admettons qu'une grande partie d'entre nous en soit capable..hum..oui admettons, combien sommes nous à savoir mettre un mot sur ce qui est ressenti.. Je veux dire autre chose que.. "Tu as l'air en colère, déçu, triste ou joyeux" ou "ça doit être dur".. Même si ces quelques mots ne sont jamais très loin de la vérité, il n'est pas impossible qu'ils nient la richesse des subtilités de l'âme.

Alors petite leçon de voc:

(cliquez sur l'image pour l'agrandir-et une seconde fois po
ur zoomer! vraiment il faut tout vous dire !! )

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20 mars 2007

"Injonction thérapeutique", précisons.

Dans le post précédent, j'ai utilisé "injonction thérapeutique" uniquement dans son sens littéral, juste pour dire que nous avions signalé à cette jeune femme qu'elle avait besoin de soins, que nous n'étions pas missionnés ni formés pour ce type de suivi, et que nous ne pouvions pas continuer à l'accompagner si elle ne se soignait pas. Il s'agissait donc d'une exigence de notre part dans le cadre de l'accompagnement éducatif, rien de plus.

Quand on parle d'injonction thérapeutique à proprement dit, on fait référence à un élément de loi datant de 1970, qui correspond à une obligation de soin (examen médical, orientation et suivi thérapeutique) contre une remise de peine, destiné aux usagers de drogues pour leur éviter la réponse répressive et donc des peines plus lourdes. C'est surtout pour mettre en avant la nécessité de soins que l'injonction thérapeutique est préconisée, plus que par conviction de l'efficacité de cette méthode. Effectivement, les détracteurs disent à juste titre qu'on ne peut obliger personne à se soigner!

salut!

Mais comment ça marche pour les délinquants sexuels, dont on dit souvent qu'ils refusent un travail psy en prison pour ne pas être "fichés" par leurs co-détenus? Ne sont-ils jamais soumis à une "injonction thérapeutique"?

Je ne connais rien du sort des délinquants sexuels dans nos maisons d'arrêt. A bon entendeur...

15 mars 2007

Jennifer, bientôt 20 ans.

Entretien hebdomadaire avec Jennifer (non, ce n'est pas son vrai prénom), 19 ans 3/4.
Tout se passe bien: elle répond calmement aux questions, elle écoute à peu près ce que je lui dis, elle reste assise, l'entretien dure 45 minutes.
Mais ses yeux la trahissent, son sourire un peu trop spontané aussi.

Jennifer est coutumière de la consommation de médicaments, de cannabis et/ou d'alcool.
Rapidement, nous nous sommes rendu compte en équipe que les entretiens n'étaient calmes que lorsqu'elle avait consommé. Alors j'ai alterné les entretiens:
- sans produits: impulsivité, voire agressivité au moindre "chatouillement" de ma part, opposition quasi constante, refus de "coopérer", et impossibilité d'aller jusqu'au bout d'une discussion, car elle met fin à l'entretien en se levant, en criant, et en claquant la porte (ou j'y mets fin moi-même, parce que moi aussi j'ai mes limites...)
- avec produits: calme, elle essaie de comprendre, elle s'explique davantage sur ses ressentis, elle supporte de rester dans le bureau plus de 10 minutes...

Après lui avoir relaté ce constat, après des refus de la recevoir tant son état était second, après un long travail d'injonction thérapeutique qui a rapidement échoué, nous avons compris que nous ne pouvions l'aider qu'en composant avec cette part d'elle-même, c'est-à-dire sans la stigmatiser, en l'encourageant dans ses efforts à supporter la vie, en l'accompagnant dans l'avancée de ses quelques projets, si utopiques soient-ils (ex: vivre à Saint Trop' avec un boulot, un mec et un logement).
Et la situation ne s'aggrave pas "éducativement" parlant, même si sa santé commence à se dégrader (gros soucis de concentration, problèmes pulmonaires) et qu'elle se met encore dans des situations de danger occasionnellement (en fait, assez souvent).

Parfois, l'impuissance de l'éducateur le renvoie tout simplement à sa place.

Evidemment, il y a tout un contexte qui n'est pas retranscrit ici.

12 mars 2007

Loi anti-tabac et autonomie


Depuis le premier février, les personnes hébergées au service ne peuvent plus fumer que dehors. L'unique salle collective ex-fumeurs est quasi désertée, et nous ne voyons pas non plus d'attrait soudain pour le plein air.
L'apprentissage de l'adaptabilité aux situations fait "évidemment" partie de l'accompagnement éducatif au quotidien, alors ... elles fument en catimini dans leur studio, bravant l'interdiction, et rusant pour dissimuler mégots et fragrances douteuses.
Alors oui, nous pouvons être fiers de notre travail: autonomie, autonomie!
et peut-être qu'effectivement, on a fait du bon boulot? non?

28 févr. 2007

Premier projet de sortie..avorté?

salut

Pour être tout à fait honnête, les quatre jeunes avec lesquels j'ai travaillé hier ont adoré l'affiche, mais hors de question pour eux d'aller voir ce film..."euh, non moi j'ai un anniversaire!" "ah non, moi je vais à Lille pour une réunion du Parti (!!??)" " et moi ma mère vient en visite." IMPARABLE..mais je n'abandonnerai pas!



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27 févr. 2007

Projet de loi contre la délinquance -voir fin de post-

Salut

J'avais prévu de me servir de ce blog pour jeter négligemment tout ce qui m'arriverait sur mon nouveau "terrain-employeur" pour m'aider à faire le tri mais là je dois absolument redéfinir mes priorités, en l'occurence en faisant de vous, Très Cher Public si Intelligent (non mais quel démago!) et tellement adepte de la nouvelle forme royaliste de débat participatif! (oui j'ai 4 comentaires en deux jours!! Je suis en passe de devenir un leader révolutionnaire! -retourne à tes dossiers!!- bon d'accord)

I / Wanda quel drôle de nom! Pourquoi pas libellule ou papillon? Doro on t'a reconnu! c'est pas toi? tant pis!
Non Wanda je ne projette pas d'aller travailler au Québec, terre d'asile des repris de justice politiques (arg..ça m'a échappé) Mais je n'ai toujours pas les infos demandées lors de mon précédent Post: alors à vos mails!! svp, je l'ai promis à des amis..

II / Anonyme: d'abord sache que ton nom, d'un commun!! mériterait que je ne m'adresse même pas à toi..mais bon tes propos de qualité m'y obligent! Mais c'est la dernière fois!
Anonyme sache que je n'ai pas décroché et que je t'ai lu(e?) jusqu'au bout. Tes paroles m'ont fait du bien, mais bon je ne les ai lues qu'en rentrant de cette journée de novi..novici..novicicode (tin c nul!) Tu parles avec beaucoup d'humour de la semi-autonomie, mais je suis plutôt d'accord avec toi dans le fond! Mince c'est ça qui est intéressant! Il me semble aujourd'hui que le fait qu'ils ne s'accrochent pas sans arrêt à nos basques nous donne des temps de préparation intéressants pour construire notre travail autrement que dans l'urgence..à vérifier!!

III / Tarta: c'est pareil on t'a reconnue! hohohoho
Je sais Tarta ton message ne prête pas à rire, et mérite d'être diffusé, parce que bizarrement tout le monde passe à côté, y compris moi.. et pourtant j'essaie de suivre!!
Tarta souhaites-tu devenir la préposée à l'actualité sociale du blog? Ca m'intéresse.

ATTENTION !!!!!!!!

PROJET DE LOI DE LUTTE CONTRE LA DELINQUANCE

Un peu d'actualité...
Adoption définitive de la loi le 22.02.07. C'était surtout l'article 5 qui était remis en cause par les travailleurs sociaux, puisque les maires devront être informés quand une famille sera en difficulté, ainsi que le président du CG (ce qui est déjà le cas actuellement pour ce dernier) Il va donc falloir réfléchir à comment faire respecter cette loi, tout en protégeant nos méthodes d'intervention qui sont à la faveur des familles.
Avec la loi, les maires se voient dotés d'un dispostif plus répressif.

Tu as l'air d'être callée sur le sujet.. les maires.. comment est-ce possible? Informés de quoi? Par qui? Pour quoi faire? STP développe!!

J'ai plus envie de raconter ma journée d'hier, qui me semblait si riche et maintenant..

A plus
Ababakar

25 févr. 2007

J'avance dans le noir aussi moi en ce moment!

Salut

Plusieurs choses aujourd'hui:

I / D'abord je voudrais passer un appel: il y a quelques temps j'ai mis en ligne un post "éduquer au Québec" sans explication. Certains d'entres vous ont Googlé et se sont ensuite rendus compte que le Québec était bien en avance sur nous en matière d'éducation spécialisée. Certains m'ont envoyé une biblio, que je garde précieusement pour le jour où je n'aurai plus ces maudits dossiers de formation à rendre, Tabernac' ! D'autres m'ont envoyé de la documentation de recruteurs québécois que j'ai bêtement jetée.. Please Send it me again. Je fais d'ailleurs un appel à tous ceux qui pourraient m'envoyer des infos pour éduquer au Québec: procédures / formalités / avantages / obstacles etc.. je publierai. Merci d'avance! Et bon Caribou!


Rien à voir, mais je dois tout de même vous raconter que ce blog risque de devenir un dialogue avec moi même vu le taux de fréquentation actuel.. Et quand bien même ça le deviendrai je continuerai à poster dans le vent alors continuez à venir jeter un oeil de temps en temps parfois le vent transporte de jolis parfums..
Beuh trop la honte de dire des trucs pareils lui
! Ta gueule toi!


II / Petit 2: J'ai commencé la semaine dernière à travailler sur un nouveau groupe, après -à vue de nez- 6 mois d'absence de la Maison d'Enfants où je suis toujours apprenti. Nouveau groupe, nouvelle équipe, nouveaux jeunes, nouveau fonctionnement. J'y bosse pour la première fois tout seul demain, toute la journée! Ce sont les vacances qui commencent. Je n'ai fait que 3 journées sur ce groupe pour l'instant, en doublure, et je ne comprends pas encore tout ce qu'on attend de moi. J'ai besoin de faire le point. Ok.
Un constat d'abord: c'est un peu le foutoir pour l'ultra maniaque que je suis, tant au niveau du rangement (et de l'existence) des docs officiels, que du contenu des tiroirs ou de la pratique éducative de l'équipe (et je prends ça à mon compte aussi!!)
D'abord vous devez savoir que le jeunes vivent chacun dans leur studio, en semi-autonomie, donc a priori moins les éducs bossent plus les jeunes sont autonomes. Ahhhaa ouaip..et je suis sûr que certains vont le croire!
Non sérieux que dois-je faire demain..?
Si les jeunes gèrent leur vie, leurs loisirs, tout ça, c'est cool: moi j'ai une tonne de papiers et de dossiers à régulariser; je me débrouille là-dedans pour dégager des plages horaires précises à passer avec eux (repas / coucher) afin que l'on se connaisse mieux, et que je saisisse au passage des demandes, des besoins, et j'aurai bien bossé; en tout cas ce serait un bon début.
Mais s'ils tournent en rond comme les gosses qu'ils sont parfois encore, je fais quoi: de l'occupationnel:
Sortie billard? (tout ce que j'aime!) non je suis farouchement contre: trop facile, pas de sens enfin tout ça quoi.
Rangement studios? (qui en ont vraiment besoin!!!) c'est ça! et là je deviens d'entrée "l'éducateur casse-..!!" qui en plus décide de faire bosser les jeunes car il n'a rien d'autre à leur proposer. La tuile, vraiment!
Sinon je centre la journée sur la sortie "courses" hebdomadaire, sauf que conduire la camion: ok, pas de problème. Mais les distributions de budgets ça va être chaud: Y aura-t-il assez d'argent pour tous? Donne-t-on l'argent à semaine échue ou non? Comment je fais pour ceux qui n'ont toujours pas justifié la semaine précédente? Comment je me débrouille avec ceux pour lesquels la décision a été prise lors d'une réunion jetée par dessus la jambe qu'à "eux on ne donnait plus rien, fini!" ou alors "au jour le jour": Vous auriez envie vous d'aller chaque jour chercher votre bouffe du jour à pied au supermarché qui se trouve à 1/4 d'heure dépenser vos 4,80 euros départementaux! Comment sais-je lesquels sont présents ou non et quand pour distribuer l'argent en fonction des temps de présence? Sur parole?

Bon voilà c'est la panique, et puis ce week end j'ai rien glandé..J'ai avancé sur rien
Mais je suis content d'avoir blogué. J'ai encore d'autres trucs à raconter mais vous avez déjà décroché..A Plus!!

Ababakar

PS: Je reconseille à tous le site des éducateurs spécialisés en formation (lien à droite) qui est devenu bien plus organisé et intéressant qu'il y a quelques mois!!

A bientôt



27 janv. 2007

P'tit con d'fugueur

Salut

Souvenez vous comment vous pouvez les détester ces "p'tits cons d'fugueurs" quand vous ne pouvez pas rentrer chez vous après une dure journée.
Souvenez vous qu'ils ne sont pour vous alors que de la "graine de crapule" et que vous "n'en tirerez rien"
Ensuite écoutez ce qui suit, soyez attentifs aux paroles, et promettez moi d'y repenser à chaque fois qu'un "usager" disparaitra devant vos yeux dans la nuit noire..




15 janv. 2007

L'utilité de l'inutile... ( C'est beau certes, mais aucun mérite ne m'échoit c'est pompé!!

Salut

Je publie au rythme où je veux car c'est mon Blog. No Comment. Il n'empêche qu'en ce moment je reçois des courriers très intéressants d'un éduc qui me mache le travail.. Plus qu'à poster:

(Par contre il est loin d'être sûr que je me fende d'une image!
Mais il ne faut pas que ca vous empêche de lire ce q
ui va suivre, hein? ?? )


Goûtez ce passage tiré du livre "les passions tristes" de Miguel Benasayag et Gérard Schmit (La Découverte)

L'utilité de l'inutile :

Eduquer nos jeunes en ayant recours à la menace est donc une attitude très dangereuse. Dire par exemple : "Si tu ne travailles pas, si tu n'obéis pas, alors il est possible que demain ta vie soit un désastre", est dangereux, précisément parce que nous ne pouvons jamais savoir à quel moment la menace du désastre se transforme pour chacun en promesse du désastre. Cela n'est pas nouveau, c'est précisément la pulsion de mort.

Si les adultes parlent en terme de menace ou de prévention-prédiction, c'est sans doute parce qu'ils pensent que les temps actuels ne sont pas propices au désir, car il faut s'occuper de la survie. Et puis ils se disent qu' "on verra plus tard pour ce qui est de la vie et du désir, quand tout ira mieux". Voilà un piège fatal, car seul un monde de désir, de pensée et de création est capable de développer des liens et de composer la vie afin de produire autre chose que le désastre. Notre société ne fait pas l'apologie du désir, elles fait plutôt l'apologie des envies. Celles-ci sont une sorte d'ombre appauvrie du désir, elles sont tout au plus des désirs formatés, normalisés. Comme le dit Guy Debord dans La société su spectacle, les gens ne trouvent pas ce qu'ils désirent, ils se contentent de désirer ce qu'ils trouvent.

Le grand défi lancé à notre civilisation est donc de développer des noyaux désirants, des pratiques concrètes à même de l'emporter sur les envies individualistes et les menaces qui en découlent. Eduquer au profit de la culture et de la civilisation, cela signifiait -et signifie encore- créer des liens sociaux et des liens de pensée. La menace, elle est iatrogène (oulà ça c’est flippant !!), car elle tend à briser davantage tous les liens qui unissent les personnes. "Armer" les jeunes afin qu'il affrontent le monde qui les attend, ce n'est pas les protéger, c'est au contraire cautionner et développer ce monde dont on prétend les protéger.

Le processus est donc le suivant : plus nous développons la sérialité, plus nous individualisons, plus nous rendons le monde dangereux et plus nous laissons l'urgence, la non-pensée et la tristesse régir nos propres vies. Dans ce monde sérialisé, les jeunes savent mieux que les éducateurs, parents et adultes quelle est la manière la plus efficace de "se protéger et s'armer". Et c'est regrettable car il s'agit d'armes et de forteresses dangereuses, comme le recours à la violence ou à la drogue, l'autosabotage ou la fuite dans la sensorialité.

Non seulement la crise ne nous condamne pas à un utilitarisme forcé sous la menace du pire, mais au contraire la seule issue se trouve du côté du développement de cette profonde et ontologique inutilité de la vie, de la création et de l'amour (euh là bon je suis pas tout à fait d’accord mais bon..). Nous voyons là la possibilité d'ouvrir de nouvelles voies de liens de pensée et de vie qui seraient en accord avec l'anti-utilitarisme propre à la nature humaine et à la vie.


Voilà, et comme promis pas d'image; notez que j'ai supprimé un magnifique passage tiré de la pensée d'un Philosophe chinois qui parlait d'amour et de ..oui si je l'ai retiré ce n'est pas pour en reparler

Et pour finir dans une note de lyrisme engagé: lâchez vos com's!!

10 déc. 2006

Conclusion sur le Quotidien

Salut

Vous n'osiez plus en rêver, la conclusion de la retranscription épique du devoir sur le Quotidien:

A la lumière de ces observations apparaît en premier plan la nécessité de donner du sens à sa pratique. Cependant l’éducateur ne doit pas se contenter de le faire lors des réunions d’équipe, ou lors de l’élaboration du projet individualisé du jeune (ou encore lors de son évaluation). Il doit pouvoir mettre du sens sur son action au quotidien. Nous avons vu que les pratiques institutionnelles qui semblent naturelles (le bisou du soir par exemple) méritent d’être interrogées. L’habitude que présente une manière de faire, qui plus est partagée par l’ensemble de ses collègues, ne prémunit pas la pratique du risque de sortir du champ professionnel. Un cadre constitué de règles de vie figées, définitivement acceptées comme « bonnes » par l’éducateur, peut se dévoiler être un facteur de maltraitance institutionnelle (les douches obligatoires) ; et ce sont alors les usagers qui vont le « payer » au quotidien. L’éducateur ne peut pas non plus se contenter donner du sens à sa pratique du quotidien en s’appuyant sur le projet institutionnel (l’heure du coucher/scolarisation) ; cela signifierait qu’il cesse d’avoir en face de lui un individu, à l’histoire et aux besoins particuliers. Sa mission, dont une des valeurs essentielles reste le respect de la personne, l’oblige à toujours considérer l’usager au centre de son accompagnement. Permettre à chaque jeune d’être acteur de celui-ci, de verbaliser la manière dont il le vit, reste le meilleur moyen d’avoir du recul sur son propre travail. Lorsque l’usager prend la parole, il ne manque pas de toujours interroger l’éducateur sur le sens de ce qu’il lui propose. C’est donc la parole de l’usager qui donne du sens à la pratique de l’éducateur C’est enfin cette parole qui va permettre au jeune de s’affirmer -et d’exister- au sein de son groupe de vie, de l’institution, et plus tard dans la société.


15 nov. 2006

Réaction au Projet de Loi contre la délinquance

Bonjour

Je sais je n'utilise plus beaucoup le blog, mais quand je le fais c'est ESSENTIEL.

Et aujourd'hui il s'agit de mettre en ligne une lettre de réaction au projet de loi concernant la prévention de la délinquance, projet qui va être réexaminé par la Chambre ce mois-ci.

Cette lettre est l'initiative d'un groupe indépendant d'étudiants en formation d'éducateurs qui ont souhaité ne pas rester immobiles devant un projet de loi qui suscite pour le moins un Large Débat.

Ce courrier a été envoyé à plusieurs personnalités politiques, institutions, médias etc.. afin que l'on sache que le champs de l'éducation spécialisé, principalement concerné par le secteur d'activité que voudrait bouleverser cette loi, s'oppose au projet présenté et fait au Politique ses propres propositions, issues des valeurs que véhicule la profession, de son expérience de terrain, et de sa connaissance du public dont il est question!

Donc cliquez sur les liens ci-dessous pour accéder au courrier, lisez-le (3 pages) , et faites le suivre !!

Soyons VISIBLES!